Bujumbura : comparution de la journaliste Floriane Irangabiye en appel à la cour suprême

Bujumbura : comparution de la journaliste Floriane Irangabiye en appel à la cour suprême

La journaliste Floriane Irangabiye a été entendue à la chambre d’appel de la cour suprême à Bujumbura dans la ville commerciale ce Jeudi. Elle était accompagnée par ses avocats et certains diplomates accrédités à Bujumbura. (SOS Médias Burundi)

L’audience publique n’a duré que dix minutes. Ses avocats ont à peine soulevé des irrégularités qui émaillent ce dossier avant qu’il ne soit mis en délibéré.

«[…] Violation de la procédure légale avec des éléments d’infraction erronés et des procès-verbaux falsifiés, fabriqués par le Service national de renseignements (SNR) mais qui ont été pris en considération par les juges sans tenir compte des procès-verbaux de l’accusée », ont-ils argumenté.

Arrêtée en août 2022 et condamnée à 10 ans de prison le 2 janvier 2023, elle est entre autres accusée d’atteinte à la sûreté de l’état et de collaboration avec les mouvements rebelles. Elle est pour le moment détenue depuis près de trois mois à la prison centrale de Bubanza (ouest).

Devant la cour, sa défense a dénoncé aussi des manquements soulignant le fait que «le premier juge a sciemment ignoré les éléments matériel, intentionnel et légal dans leur jugement».

Après cette courte comparution, les avocats de la journaliste Floriane Irangabiye ont dit « être optimistes que leurs doléances vont cette fois-ci être prises en considération » mais n’ont pas voulu faire plus de commentaires.

LIRE AUSSI :

Bujumbura : le juge d’appel a maintenu la peine de 10 ans contre la journaliste Floriane Irangabiye

Pour une fois dans cette affaire qui dure près d’un an et demie, la journaliste Floriane Irangabiye est arrivée à la salle d’audience sans menottes et a eu le droit de saluer ses parents, ses proches et d’autres personnalités qui étaient venues nombreuses suivre cette affaire largement commentée au niveau international.

La journaliste Floriane Irangabiye parle à sa maman après l’audience du 11 janvier 2024 dans la capitale économique Bujumbura

Le procès éclair de la seule femme journaliste détenue en Afrique intervient quelques semaines après une marche organisée par Amnesty International devant l’ambassade du Burundi à Bruxelles. Cette ONG ainsi que d’autres organisations comme Human Rights Watch, le Comité pour la Protection des journalistes (CPJ) et Reporters Sans Frontières (RSF) exigent toujours sa libération estimant qu’elle est « injustement détenue ».

Des pays et communauté appelés à faire pression sur les autorités burundaises pour exiger la libération de cette journaliste étaient représentés dans la salle d’audience ce jeudi. L’on citerait notamment les USA, la France, la Belgique, l’Allemagne et l’Union Européenne.

_____________________________________________

Photo : Floriane Irangabiye devant la cour suprême du Burundi, le 11 janvier 2024

Previous Burundi-Rwanda : les autorités burundaises affirment avoir suspendu toutes les relations avec le président Paul Kagame et ferment les frontières avec le Rwanda
Next Giharo : les militants du CNL menacés par le secrétaire général du parti au pouvoir

You might also like

Justice Fr

Bugendana : trois membres de l’UCEDD en détention

Ignace Ndirariha, Isaïe Ndayirukiye et Sylvestre Nyawenda, tous de l’ethnie Batwa sont détenus au commissariat provincial de la police à Gitega (centre du Burundi). Il leur est reproché de tenir

Justice Fr

Rumonge : le parquet relâche 25 détenus

Le parquet de Rumonge (sud-ouest du Burundi) a décidé de libérer 25 détenus ce vendredi. Ils étaient cloués à la prison de Murembwe (même province de Rumonge). Des défenseurs locaux

Justice Fr

Burundi : six organisations de défense de droits humains exigent la libération immédiate de l’avocat Tony Germain Nkina

Il s’agit des organisations régionale et internationale à savoir Amnesty International, DefendDefenders, Human Rights Watch, TRIAL International, Protection International Africa et Initiative pour les Droits humains au Burundi. Elles exigent