Cibitoke : des entraînements paramilitaires des Imbonerakure effraient les habitants

Cibitoke : des entraînements paramilitaires des Imbonerakure effraient les habitants

Depuis le matin de ce vendredi 19 janvier, des détonations d’armes lourdes ont été entendues par des habitants qui vivent non loin du chef-lieu de la province de Cibitoke (nord-ouest du Burundi).Selon des sources parmi la population, il s’agit des Imbonerakure ( membres de la ligue des jeunes du parti présidentiel) qui s’exerçaient au maniement des armes lourdes après des jours de formation. Les responsables militaire et administratif dans la région nient ces allégations. (SOS Médias Burundi)

À 3 kilomètres du chef-lieu de province, il y a un champ de tir situé sur la colline de Cishemere en commune de Rugombo.

Pour ce vendredi, les habitants sont restés terrés chez eux toute la journée.

Pour cause, des détonations d’armes lourdes et des explosions de grenade qui les ont effrayés. Les Imbonerakure vus en masse ce vendredi étaient en train de subir la dernière séance de maniement des armes, selon nos sources.

« C’est une sorte de baptême pour voir si les lauréats pourront garder leur sang-froid une fois envoyés sur le champ de bataille. Chaque lauréat doit être éprouvé », a confié à SOS Médias Burundi un des formateurs, un ancien militaire burundais.

Des sources parmi les Imbonerakure indiquent que le moral est au plus bas pour ces jeunes du parti présidentiel.

« Nous sommes considérés comme les troupes de première ligne sur le terrain en RDC », dit un Imbonerakure.

Il estime qu’il s’agit « de la plus délicate des missions à accomplir vu le nombre de mes camarades qui sont morts au Congo ces dernières années ».

Plusieurs membres de la ligue des jeunes du CNDD-FDD ont regretté que « nous constituons une chair à canon alors que nous ne sommes pas rétribués et nos familles ne sont pas indemnisées en cas de décès ».

Un doyen des Imbonerakure interrogé ne cache pas ses inquiétudes aussi.

« Il faut nous payer à l’instar des militaires et nous octroyer les mêmes avantages qu’eux car nous faisons le même boulot », estime-t-il.

Carême Bizoza, gouverneur de Cibitoke a évité de parler des entraînements des Imbonerakure.

« Cet endroit est réservé aux activités militaires. Je demande à la population d’être calme. C’est une situation normale », a-t-il tranquillisé.

Un responsable de la FDNB (Force de défense nationale du Burundi) dans la région a, quant à lui, parlé d’une activité de routine. Il s’est également abstenu de commenter sur la formation des Imbonerakure sous l’encadrement des éléments de l’armée burundaise.

Ces dernières années, plusieurs rapports des organisations de défense des droits humains , la société civile dans le Sud-Kivu (est de la RDC) et des administratifs ont confirmé la présence des Imbonerakure dans les rangs de la FDNB au Congo pour combattre les groupes armés d’origine burundaise qui y sont installés. Ce que notre rédaction a aussi certifié. Les Imbonerakure ont été accusés de plusieurs crimes, ce que ne cessent de rejeter les autorités burundaises à commencer par le président Évariste Ndayishimiye et les représentants du parti au pouvoir, en premier lieu son secrétaire général, Révérien Ndikuriyo.

Mais tous reconnaissent que les membres de la ligue des jeunes de l’ancienne rébellion Hutu « participent dans la sécurisation des frontières et les rondes nocturnes aux côtés des militaires et policiers ».

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Photo d’illustration : des Imbonerakure dans une parade militaire dans le stade Ingoma à Gitega, le 27 août 2022

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