Mahama (Rwanda) : un manque d’hygiène inquiétant
Les réfugiés du camp de Mahama redoutent d’attraper des maladies liées au manque d’hygiène. La raison est que les toilettes publiques remplies tardent à être vidées. Les responsables de l’assainissement du camp peinent à remplir leur mission. (SOS Médias Burundi)
Au camp de Mahama au Rwanda, plusieurs latrines publiques sont remplies, ce qui n’est pas sans conséquences pour les usagers.
« Dans plusieurs villages, ces latrines publiques hors usage sont fermées avec des cadenas ou des tôles avec des clous. Cela pose problème car les gens n’ont plus des toilettes à utiliser, et celles qui restent fonctionnelles sont utilisées par un grand nombre de réfugiés », indiquent-ils.
World Vision est l’ONG qui s’occupe du volet assainissement et qui devrait donc les vider.
« On ne sait pas pourquoi ces latrines ne sont pas réhabilitées. Pourtant, les agents de l’ONG World Vision sont en permanence ici. Nous exigeons que nos vies soient protégées, sinon, les maladies des mains sales nous guettent », s’inquiètent-ils.
L’autre inquiétude est que les poubelles publiques sont aussi débordées.
« Nous voyons des enfants et même des adultes qui y vont pour rechercher les restes de nourriture ou du charbon sinon du bois de chauffage. Alors, c’est un grand risque pour nos vies. Et cela se manifeste dans presque tous les villages. Nous lançons un appel au secours », font savoir des réfugiés burundais et congolais de ce camp situé à l’est du Rwanda.
Les agents du ministère en charge des réfugiés, le MINEMA, ont tenu une réunion avec World Vision et d’autres intervenants au camp. Ils ont mis en garde les gestionnaires de l’hygiène du camp.
« Si jamais il y a des conséquences, vous allez le payer cher car vous recevez des fonds pour nettoyer et rendre propre tout le camp. Ou bien, nous allons vous retirer ce marché pour l’octroyer à ceux qui sont capables de répondre aux normes de l’hygiène, cela d’autant plus que le camp est un milieu très sensible où tout peut arriver par manque d’hygiène », ont déclaré les responsables du MINEMA qui ont exigé que toutes les latrines et poubelles remplies soient vidées immédiatement.
Les responsables des réfugiés se réjouissent que l’injonction ait été donnée en présence d’autres humanitaires comme le HCR qui supervise toutes les agences qui interviennent au camp et se disent même prêts, en tant que communauté bénéficiaire, à aider à assainir leur environnement.
Le camp de Mahama héberge plus de 63.000 réfugiés dont plus de 40.000 Burundais, le reste étant des Congolais.
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Photo : des latrines publiques non utilisées au camp de Mahama au Rwanda, février 2024
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