Kakuma (Kenya) : cinq réfugiés assassinés dont un burundais

Kakuma (Kenya) : cinq réfugiés assassinés dont un burundais

Ils ont tous été fusillés par la police dans des endroits différents. Il s’agit de quatre Soudanais et un Burundais. La police explique avoir éliminé des fauteurs de troubles. (SOS Médias Burundi)

Le bilan est d’une semaine et il est établi juste après les manifestations organisées la semaine dernière au site de Kalobeyei, un agrandissement du camp de Kakuma.

« Deux Soudanais ont été tués dans la nuit du 25 avril au village II de Kalobeyei. Le jour suivant deux autres réfugiés soudanais ont été assassinés sur le tronçon qui relie les deux sites Kakuma et Kalobeyei. Le Burundais lui, a été fusillé au niveau de Kakuma I sur un lieu communément appelé ‘Haut Congo’ juste à la sortie d’un restaurant congolais », détaille un des leaders communautaires burundais.

La police qui ne nie pas les faits explique qu’elle fait son travail de routine pour décourager le banditisme et la préparation d’éventuelles manifestations dans ce camp.

« On a découvert des machettes ou des longs couteaux cachés dans les poches des culottes et pantalons que portaient les quatre Soudanais. Alors, à quoi devraient servir ces armes blanches ? », s’est demandé un chef de poste de Kakuma qui essayait de calmer la situation et décourager « tout mouvement de manifestation, de fauteurs de troubles et de banditisme ».

Les leaders locaux estiment que c’est inadmissible de tirer sur des réfugiés et exigent des enquêtes indépendantes.

« Nous croyons que c’est une façon de nous faire taire pour que nous laissions tomber notre mouvement de manifestation contre la réduction considérable de notre ration. Mais, nous n’allons pas désarmer », indiquent-ils.

Pour rappel, le 22 avril dernier, les réfugiés de Kalobeyeyi (Kakuma) ont manifesté la colère suite à la suspension de leur assistance en monnaie (Cash) et la réduction de la ration de 40%. La police a indiqué que lors de ces protestations, les manifestants ont vandalisé des boutiques et kiosques ainsi que le stock du PAM, le Programme Alimentaire Mondial et bloqué des routes principales.

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A part des arrestations en cascade des présumés promoteurs, le PAM a pris la décision de suspendre son aide pendant tout le mois de mai 2024, car expliquent les agents du PAM, « tout le stock a été vandalisé », ce qui continue d’alimenter les frustrations des réfugiés.

Ces derniers et leurs leaders demandent aux autorités kényanes et à toutes les Agences humanitaires de privilégier le dialogue pour trouver une solution à cette problématique, sinon, laissent-ils entendre, « elles seront taxées de défaillance notoire à l’obligation de protection des réfugiés ».

Kakuma, l’un des plus vastes camps en Afrique situé au nord-ouest du Kenya et son agrandissement de Kalobeyei comptent plus de 200.000 réfugiés dont plus de 25 mille Burundais.

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Photo : un réfugié atteint de balles de policiers kényans, soigné dans une structure sanitaire à Kakuma

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