Giharo : six personnes accusées de profaner la tombe d’un albinos interpellées
Six personnes sont en détention depuis ce jeudi 23 mai au commissariat communal de la polie à Giharo pour avoir profané la tombe d’un enfant albinos. Le fait a eu lieu sur la colline Mura en zone et commune Giharo dans la province Rutana (sud-est du Burundi).Selon une source policière à Giharo, les trois personnes en détention ont été attrapées en flagrant délit en train de creuser pour déterrer le corps. Les habitants exigent des sanctions exemplaires. (SOS Médias Burundi)
Parmi les personnes interpellées figurent des responsables du CNDD-FDD, parti au pouvoir, des administratifs et des fonctionnaires.
Il s’agit d’André Ndayisenga responsable du CNDD-FDD sur la colline Mura en zone Giharo, Bosco Ndayisenga, militant du CNDD-FDD et responsable du stock communautaire de la colline Mura, Bosco Busago élu sur la colline Mura, Innocent Congera, directeur de l’école fondamentale de Nyagahara, Gervais Bigirimana et une autre personne venue de la commune Kinyinya de la province Ruyigi.
« Trois des six accusés ont été arrêtés la nuit de mercredi à jeudi dans le cimetière de Giharo. Ils étaient en train de déterrer un enfant albinos inhumé mercredi matin dans ce cimetière. Les autres ont été interpellés la journée de ce jeudi à leurs domiciles sur dénonciation des trois premiers », précise une source policière qui s’est confiée à SOS Médias Burundi sous couvert d’anonymat.
Selon la même source, ces personnes auraient agi pour un marché d’achat des parties du corps d’un albinos en Tanzanie.
« Le marché serait équivalant à 150 millions de francs burundais », précise notre source.
Le jeune albinos qui était sur le point d’être déterré est mort dans des circonstances obscures. Il aurait été empoisonné par une des mêmes personnes arrêtées en train de déterrer le corps, selon des sources proches de la famille.
Tous ces hommes sont détenus au cachot du commissariat communal de Giharo.
La commune Giharo est citée parmi les communes où les croyances obscures dominent. Même les autorités administratives sont citées parmi les pratiquants de ces croyances pour occuper des postes juteux ou pour s’y éterniser, raconte un habitant de Giharo.
Signalons que plusieurs dizaines de familles qui ont des enfants albinos sont en situation de déplacés internes depuis plus de 10 ans. Elles se sont réfugiées dans les enceintes de la paroisse catholique de Giharo pour la protection de leurs enfants qui courent le risque permanent d’être exécutés.
Des habitants exigent des sanctions exemplaires afin de décourager les auteurs des crimes commis contre les albinos.
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Photo d’illustration : une pancarte indiquant le chef-lieu de la commune de Giharo
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