Ruyigi : en état d’alerte, les réfugiés congolais pris au piège, un climat d’inquiétude grandissant

Ruyigi : en état d’alerte, les réfugiés congolais pris au piège, un climat d’inquiétude grandissant

À Ruyigi, plus de 60 réfugiés congolais originaires des camps de Nyankanda, Bwagiriza et Kavumu, situés dans les provinces de Ruyigi et Cankuzo à l’est du Burundi, ont été arrêtés et envoyés au commissariat de police de Ruyigi alors qu’ils tentaient de retourner dans leurs camps respectifs. Une douzaine d’autres sont portés disparus. Ils craignaient pour leur sécurité en raison des arrestations massives d’étrangers observées ces derniers temps à Bujumbura , la ville commerciale et ailleurs dans le pays. La semaine dernière, plus de 150 Congolais, majoritairement des étudiants, ont été arrêtés à Bujumbura. Les détenus de Ruyigi sont composés pour la plupart par des membres de la communauté Banyamulenge, d’après nos sources. (SOS Médias Burundi)

Au total, le cachot du commissariat provincial de Ruyigi comptait 62 réfugiés congolais jusqu’à ce mardi soir. Selon des témoins, 12 autres réfugiés congolais ont été acheminés dans des cachots clandestins. Les faits sont intervenus depuis le week-end dernier.

Les raisons de cette vague d’arrestations sont multiples. Selon des sources locales, ces réfugiés ont été interpellés sous l’accusation de ne pas posséder de billets de sortie ou encore de disposer des billets de sortie déjà expirés.

« Nous avons quitté Bujumbura par crainte d’être arrêtés. J’étais à Bujumbura depuis trois semaines et le billet de sortie que l’administration m’avait délivré avait déjà expiré. Par chance, j’ai échappé à l’arrestation, mais tous ceux qui sont venus après moi ont été arrêtés. La barrière de Ruyigi est devenue un problème pour nous, les réfugiés des camps de l’est du Burundi », a déclaré un réfugié qui a échappé à l’arrestation.

« La peur est omniprésente partout dans les camps à cause de ces arrestations. »

Des témoignages recueillis auprès de réfugiés encore présents à Bujumbura révèlent un sentiment de panique totale.

« Je pense à retourner dans mon camp, mais j’ai peur de ce qui pourrait m’arriver car ceux qui ont envisagé de retourner ont été appréhendés et sont maintenant en détention. Les arrestations sont partout », confie une femme dont le frère a été interpellé récemment.

« Nous avons quitté le camp pour aller chercher des petits boulots à Bujumbura car la vie dans le camp est devenue de plus en plus difficile, et maintenant nous faisons face à une nouvelle forme de persécution ici. »

La situation est d’autant plus préoccupante qu’une semaine auparavant, une centaine d’autres réfugiés originaires des camps de Musasa et Kinama, qui résidaient à Muyinga et Ngozi dans le nord-est, avaient déjà été expulsés vers leurs camps respectifs.

LIRE AUSSI :

La petite nation de l’Afrique de l’est continue de recevoir des réfugiés congolais qui fuient la guerre entre le M23 et l’armée congolaise et ses alliés.

Du 14 au 16 février 2025, le Burundi a enregistré 10.000 demandeurs d’asile, selon le ministre en charge des affaires intérieures, Martin Niteretse. En dehors de ces demandeurs d’asile, le Burundi accueille près de 90.000 réfugiés congolais sur son sol.

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Photo : un centre de transit abritant des réfugiés congolais à Cishemere en province de Cibitoke dans le nord-ouest du Burundi non loin de la frontière avec la RDC © SOS Médias Burundi

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