Rwanda-Tanzanie : la grogne des réfugiés frappés par la décision de l’administration Trump
Les voyages de plusieurs réfugiés burundais et congolais qui devaient se rendre aux États-Unis ont été déroutés par la décision de l’administration Trump. Ils expriment leur mécontentement. (INFO SOS Médias Burundi)
Les réfugiés, qui avaient été autorisés à se rendre aux États-Unis, se retrouvent dans un état de désarroi total. Leurs projets de voyage ont été annulés suite à une décision de l’administration Trump, provoquant une onde de choc dans plusieurs camps de réfugiés en Afrique des Grands Lacs, notamment au Rwanda et en Tanzanie.
Le camp de Mahama au Rwanda : un retour forcé au désespoir
Au camp de Mahama, situé à l’est du Rwanda, de nombreux réfugiés burundais et congolais, qui étaient sur le point de prendre l’avion, ne cachent pas leur désolation. Un père de famille burundais, qui attendait son départ imminent, raconte :
« Ici au camp, c’est la désolation. Des dizaines de réfugiés burundais et congolais, logés par l’OIM à Kigali avant leur départ, ont été renvoyés dans leurs villages au camp. C’est un véritable coup dur. » C’est l’Organisation internationale des migrations (OIM) qui s’occupe des procédures médicales et celles liées au voyage des réfugiés de cette région qui partent s’installer dans un troisième pays d’accueil.
« Je devais passer le dernier test médical, mais à mon arrivée à l’OIM, j’ai trouvé des gens en larmes, comme s’ils avaient perdu des proches. J’ai compris alors que tous les voyages avaient été annulés. Nous avons été renvoyés chez nous », ajoute-t-il, visiblement abattu.
La situation au camp de Nyarugusu en Tanzanie
Le même climat de frustration règne au camp de Nyarugusu en Tanzanie, où une grande partie des réfugiés sont congolais. Un leader local témoigne :
« Trois centres de transit étaient bondés. Des réfugiés, principalement congolais et quelques burundais, qui étaient sur le point de partir pour les États-Unis, ont été déroutés. L’OIM peine à contrôler leurs émotions après l’annonce de l’annulation des voyages.»
Les conséquences économiques et psychologiques
Les conséquences pour ces réfugiés sont nombreuses et variées. Nombre d’entre eux avaient déjà emprunté de l’argent auprès d’amis ou de banques, dans l’espoir d’un nouveau départ.

« Certains ont contracté des dettes avec des intérêts élevés, d’autres ont tout vendu. Aujourd’hui, ils retournent au camp sans rien. Cela a un impact psychologique profond. Nous craignons pour leur avenir », explique un leader communautaire à Mahama.
Un avenir incertain
Dans les deux camps, la situation semble sans issue. Les réfugiés avaient déjà remis leurs maisons à d’autres personnes, et se retrouvent désormais sans abri. « Ils vont sûrement manquer de logements », estiment certains de leurs compatriotes.
Selon une source à l’OIM-Rwanda, en 2018, plus de 400 réfugiés congolais et burundais, qui devaient partir aux États-Unis, ont vu leurs dossiers annulés ou réorientés vers d’autres pays. Il semblerait que ces chiffres aient largement augmenté depuis.
L’administration Trump a suspendu les arrivées de réfugiés aux États-Unis jusqu’à nouvel ordre, ce qui laisse ces réfugiés dans une grande incertitude quant à leur avenir. Les premiers pays d’accueil comme le Rwanda et la Tanzanie, qui abritent plus de 370 000 réfugiés, principalement congolais et burundais, sont désormais confrontés à des défis majeurs pour répondre aux besoins de ces populations vulnérables.
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Photo : des réfugiés burundais dans une réunion avec les autorités tanzaniennes au camp de Nyarugusu © SOS Médias Burundi
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