Cibitoke : l’Uprona dénonce l’exclusion de ses membres des bureaux de vote et des actes d’intimidation

Cibitoke : l’Uprona dénonce l’exclusion de ses membres des bureaux de vote et des actes d’intimidation

SOS Médias Burundi

À deux mois des élections législatives et communales, le parti Uprona monte au créneau dans la province de Cibitoke, au nord-ouest du Burundi. Son président provincial, Stanny Iranyibutse, dénonce l’exclusion systématique de ses membres des bureaux de vote, ainsi que des actes d’intimidation qu’il attribue à des jeunes affiliés au parti au pouvoir, le CNDD-FDD. Il appelle à des élections libres, équitables et transparentes.

Lors d’une réunion politique tenue le dimanche 4 mai dans la zone de Rugajo, commune de Mugina, Iranyibutse — qui occupe également le poste de vice-président de l’Uprona dans la province de Bujumbura — a accusé les autorités électorales locales de violer l’article 40 du code électoral, en écartant les membres de son parti des listes chargées de constituer les bureaux de vote.

« Aucun de nos membres ne figure sur les listes. C’est une marginalisation flagrante. On ne peut pas prétendre organiser des élections crédibles en excluant certaines formations politiques du processus », a-t-il déclaré devant une assemblée de militants préoccupés.

Selon lui, cette exclusion s’accompagne de manœuvres d’intimidation menées par des jeunes du CNDD-FDD, qui empêcheraient les militants de l’Uprona de mener leurs activités en toute liberté.

« Nos membres sont menacés, harcelés et empêchés de s’exprimer librement. Ce climat est aux antipodes d’un processus démocratique », a-t-il ajouté.

Face à cette situation, l’Uprona appelle la Commission électorale nationale indépendante (CENI) à garantir une organisation impartiale du scrutin. « Nous demandons à la CENI de faire respecter les règles du jeu. Chaque parti doit pouvoir obtenir les résultats qu’il mérite réellement dans les urnes », a insisté Iranyibutse.

Malgré ce contexte tendu, les militants de l’Uprona présents à la réunion ont réaffirmé leur engagement. « Nous restons mobilisés. Le jour du vote, nous montrerons notre force », ont-ils scandé.

Dans l’ensemble du pays, à l’approche des élections, les alertes se multiplient du côté des partis d’opposition. Plusieurs formations évoquent un climat d’intimidation généralisé : arrestations arbitraires, restrictions de déplacement, réunions politiques empêchées, et recours abusif aux forces de sécurité. Autant d’éléments qui laissent craindre un rétrécissement de l’espace démocratique, dans un contexte où la transparence électorale fait déjà régulièrement l’objet de critiques.

Alors que le calendrier électoral se précise, les tensions observées à Cibitoke, province frontalière de la RDC, augurent d’une campagne électorale sous haute tension. Des voix s’élèvent déjà pour appeler à des mesures d’apaisement, afin d’éviter que le processus ne débouche sur une nouvelle crise politique.

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Des représentants du parti Uprona dans une réunion en commune de Mugina © SOS Médias Burundi

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