Province de Bujumbura : l’opposition dénonce un climat électoral tendu marqué par des intimidations

Province de Bujumbura : l’opposition dénonce un climat électoral tendu marqué par des intimidations

SOS Médias Burundi

À quelques jours du scrutin prévu pour le 5 juin, la tension monte en province Bujumbura, à l’ouest du pays. L’opposition tire la sonnette d’alarme, dénonçant une campagne électorale marquée par des actes d’intimidation et une intolérance politique grandissante, qu’elle attribue à des militants du parti au pouvoir.

Les communes de Mpanda et Bubanza sont particulièrement pointées du doigt. Le parti UPRONA et la coalition Burundi Bwa Bose affirment que plusieurs de leurs membres y ont été victimes de harcèlement et de menaces. Lors d’un meeting tenu le 24 mai, l’UPRONA a évoqué une « atmosphère pesante », soulignant que de nombreux sympathisants se sentaient dissuadés de manifester publiquement leur soutien. Un militant de la colline Gahongore aurait même été contraint de se cacher après avoir reçu des menaces répétées.

Deux jours plus tard, le 27 mai, la coalition Burundi Bwa Bose a signalé la disparition de dix de ses drapeaux, volés lors d’un rassemblement à Randa. La coalition y voit un acte hautement symbolique, destiné à restreindre sa visibilité sur le terrain. Son président provincial accuse formellement des membres des Imbonerakure, la ligue des jeunes affiliée au CNDD-FDD, le parti au pouvoir, et réclame des sanctions :« Il en va du respect du droit à la liberté d’association », a-t-il déclaré avec insistance.

Ces incidents interviennent malgré l’appel au respect mutuel lancé par le président Évariste Ndayishimiye lors du lancement officiel de la campagne, le 9 mai dernier, à Gitega, la capitale politique. Un appel que l’opposition estime, pour sa part, largement ignoré sur le terrain.

Dans ce contexte tendu, plusieurs observateurs nationaux et internationaux appellent les autorités à garantir un climat électoral apaisé et équitable, condition jugée indispensable à la crédibilité du scrutin à venir.

L’opposition, elle, craint qu’au-delà des incidents isolés, ces tensions ne s’inscrivent dans un plan plus large d’exclusion progressive du jeu démocratique.

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Photo : Un meeting des opposants dans le nord-ouest du Burundi, mai 2025 © SOS Médias Burundi

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