Giharo : des policiers burundais accusés d’imposer des amendes illégales à des réfugiés congolais

Giharo : des policiers burundais accusés d’imposer des amendes illégales à des réfugiés congolais

SOS Médias Burundi

Au site de réfugiés de Musenyi, situé dans la commune de Giharo (province de Rutana, sud-est du Burundi), des réfugiés congolais dénoncent des pratiques abusives de la part des forces de l’ordre burundaises. Selon plusieurs témoignages, des policiers leur infligeraient régulièrement des amendes arbitraires lorsqu’ils se déplacent en dehors du camp, notamment vers le centre de négoce de Muzye, pourtant situé à quelques kilomètres seulement.

Au cœur des accusations : une barrière policière installée entre Rubaho et Muzye. Les réfugiés affirment que, malgré la présentation de leur carte d’identité de réfugié – document censé leur garantir la libre circulation dans les limites de la commune d’accueil –, les policiers exigent une prétendue « autorisation de sortie » sous peine d’amende. Des amendes infligées sans reçu, dénoncent-ils.

« J’allais à Muzye pour acheter de la nourriture. À la barrière, on m’a réclamé une autorisation. J’ai montré ma carte de réfugié, mais on m’a dit que ce n’était pas suffisant. J’ai dû payer 10 000 francs burundais pour qu’ils me laissent passer », confie Siméon, un père de famille.

Pour un responsable communautaire du site, qui a requis l’anonymat, ces pratiques renforcent la précarité déjà extrême dans laquelle vivent les réfugiés.

« Nos conditions de vie sont très difficiles. Et pourtant, quand nous tentons de trouver de quoi survivre à Muzye ou Rubaho, nous sommes arrêtés et contraints de payer des amendes injustifiées. Cela se fait sans reçu, en toute impunité. Or, la carte d’identité de réfugié devrait suffire à garantir notre liberté de circulation dans la commune, sans autorisation supplémentaire », déplore-t-il.

Le site de Musenyi accueille environ 20 000 réfugiés ayant fui les violences armées dans l’est de la République démocratique du Congo, en particulier dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Pour beaucoup, ces mesures policières sont une atteinte directe à leurs droits fondamentaux, garantis par les lois burundaises et les conventions internationales relatives à la protection des réfugiés.

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Photo : Une partie du site de Musenyi abritant des réfugiés congolais ,avril 2025 © SOS Médias Burundi

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