Lutte contre la fraude fiscale : une dizaine de commerces fermés à Bujumbura sur ordre du ministre des Finances
SOS Médias Burundi
Dans le cadre d’une lutte renforcée contre la fraude fiscale, le ministre burundais des Finances, du Budget et de la Planification économique, Nestor Ntahontuye, a ordonné mardi la fermeture d’une dizaine de commerces dans le quartier asiatique de Bujumbura, pour non-respect des obligations fiscales. Il annonce que l’opération sera bientôt étendue à l’échelle nationale.
Mardi le 8 juillet après-midi, une descente inopinée a été menée dans la zone Rohero, en plein cœur du quartier asiatique de la capitale économique. Le ministre, accompagné d’agents de l’Office Burundais des Recettes (OBR), a personnellement inspecté plusieurs établissements. À l’issue de ces contrôles, plusieurs commerces ont été sanctionnés pour diverses infractions fiscales, notamment l’absence de facturation électronique ou des arriérés d’impôts non régularisés.
Facturation électronique obligatoire mais peu utilisée
Les autorités reprochent aux commerçants sanctionnés soit de ne pas utiliser les machines de facturation électronique, pourtant obligatoires, soit de les avoir complètement écartées de leurs pratiques. D’autres accumulent d’importantes dettes fiscales.
« Les commerçants savent très bien qu’ils doivent désormais livrer des marchandises avec une facture électronique », a déclaré le ministre Ntahontuye, précisant que cette obligation vise à garantir plus de transparence et à renforcer les recettes publiques.
Une campagne nationale en préparation
Cette opération ne constitue pas un cas isolé. Le ministre a annoncé qu’il s’agit du lancement d’une campagne de grande envergure.
« Cette situation doit impérativement changer. C’est pourquoi l’opération va s’étendre à toutes les provinces du pays », a-t-il averti.
Il a rappelé qu’en mars 2025, le gouvernement avait mis à la disposition des commerçants 5 000 machines de facturation électronique. Or, selon lui, moins de 1 000 sont actuellement utilisées, un constat jugé « inacceptable ».
Le ministre a demandé à l’OBR de renforcer les contrôles et d’appliquer des sanctions sévères. Il a également rappelé que la loi de finances en vigueur prévoit une amende équivalente à 20 % de la valeur des biens vendus sans facture électronique.
Réouverture possible sous conditions
Les établissements concernés par les fermetures pourront rouvrir dès qu’ils auront régularisé leur situation fiscale, a précisé M. Ntahontuye.
Il a conclu en affirmant que cette opération s’inscrit dans une démarche à la fois répressive et pédagogique, destinée à faire évoluer les pratiques commerciales, dans le cadre de la réforme fiscale en cours.
« La tolérance zéro est désormais la règle », a-t-il insisté.
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Photo : Une équipe menée par le ministre des Finances procède à un contrôle dans un commerce du quartier asiatique, dans la ville commerciale Bujumbura, le 8 juillet 2025. © OBR
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