Musenyi : les réfugiés congolais en détresse face à une vague de vols nocturnes

Musenyi : les réfugiés congolais en détresse face à une vague de vols nocturnes

Musenyi, 1er septembre 2025 – Au sud du Burundi, sur le site de réfugiés de Musenyi, l’insécurité s’aggrave. Les réfugiés congolais, ayant fui les violences de l’est de la RDC, font désormais face à une série de vols nocturnes qui plongent le camp dans l’angoisse et l’incompréhension. Les auteurs seraient, selon plusieurs témoignages, à la fois des jeunes du site et des complices venus des collines avoisinantes.

Les voleurs agissent la nuit, ciblant les tentes des familles. Ils percent la toile pour s’introduire discrètement, emportant tout ce qu’ils trouvent : vêtements, ustensiles, vivres. Pour de nombreuses familles déjà éprouvées par l’exil, ces attaques répétées constituent une nouvelle blessure.

« Nous ne dormons plus tranquilles. Chaque nuit, nous craignons que notre tente soit la prochaine cible », confie Faradja, réfugiée congolaise installée sur le site.
« Ils prennent tout : les habits, la nourriture, les casseroles… Même nos maigres réserves. »

Des soupçons internes et une justice trop laxiste

Plusieurs résidents du site affirment que certains voleurs seraient eux-mêmes des jeunes réfugiés, souvent en lien avec des Burundais des collines voisines. Malgré l’intervention régulière de la police et des agents de sécurité du site, les arrestations semblent peu dissuasives.

« C’est triste de voir que ce sont nos propres enfants, nos voisins, qui volent chez nous », témoigne une autre réfugiée, sous anonymat.
« Mais ils ne sont pas seuls. Ils travaillent avec des jeunes de dehors. Et souvent, quand la police les attrape, ils sont relâchés le lendemain. Il faut qu’on prenne des mesures strictes : qu’on les punisse sérieusement ou qu’on les transfère dans une prison centrale. »

Une situation humanitaire sous pression

Le site de Musenyi, géré avec l’appui du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), fait face à une forte surpopulation. Prévu pour accueillir environ 10 000 personnes, il en abrite aujourd’hui plus de 19 000, ce qui exacerbe les tensions et rend la gestion sécuritaire plus difficile.

Malgré les efforts déployés pour assurer la sécurité et la cohabitation, la peur s’installe durablement chez les résidents. Beaucoup demandent des mesures urgentes : renforcement de la sécurité nocturne, sanctions plus fermes contre les délinquants, et surtout, des réponses structurelles pour éviter que la détresse ne pousse certains à voler les leurs.

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Photo : Bâche perforée dans le site de Musenyi où les vols nocturnes sont devenus monnaie courante, août 2025. © SOS Médias Burundi

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