Nyarugusu (Tanzanie) : des femmes enceintes disent être maltraitées par des infirmiers

Nyarugusu (Tanzanie) : des femmes enceintes disent être maltraitées par des infirmiers

Plusieurs femmes du camp de Nyarugusu lèvent le ton. Elles accusent certains des prestataires de soins de mauvais traitement ,surtout au moment de l’accouchement et lors des visites et tests à passer pour les femmes enceintes. Le HCR promet des sanctions exemplaires à des agents qui auront failli à leur mission. (SOS Médias Burundi)

Au moins cinq femmes ont indiqué à la rédaction de SOS Médias qu’elles ont été malmenées en une semaine dans différentes structures sanitaires au camp de Nyarugusu en Tanzanie.

“Pour moi, on m’a imposée une méthode contraceptive sans mon consentement, encore moins celui de mon mari. Il a failli me tuer quand il a appris que je suis sur des méthodes d’espacement de naissances sans l’avoir averti”, a indiqué une femme très en colère.

Et une autre réfugiée de renchérir “Et moi, j’ai accouché d’un bébé mort-né car des infirmiers n’ont pas pris au sérieux mes explications. Je les ai suppliés leur disant que que je ressens des douleurs insupportables mais une des infirmières m’a dit que je ne devrais pas crier en me rappelant que je ne suis pas chez moi”, raconte-t-elle, attristée.

Elle n’est pas la seule qui met en cause l’accueil des infirmiers au camp de Nyarugusu.

“De mon vivant, je n’irai plus accoucher au dispensaire car, au moment du suivi de ma grossesse, les infirmières m’ont maltraitée. Elles m’ont même lancée des injures. Et d’ailleurs, je connais six autres femmes parmi mes amies qui ont subi le même sort et au moment de l’accouchement, deux d’entre elles ont accouché des enfants mort-nés”, a-t-elle fait remarquer.

Les reproches ont été portés à la connaissance des leaders communautaires. Ces derniers ont vite saisi le HCR qui gère les structures sanitaires au camp.

Des responsables de réfugiés burundais rappellent que ce genre de mauvais traitement date de plus de deux ans, depuis que les premiers Burundais ont commencé à rentrer chez eux.

“Ils veulent nous punir car le camp ne répond pas convenablement au programme de rapatriement volontaire ”, murmurent-ils.

Le HCR a réagi et affirmé qu’il va infliger des sanctions exemplaires à tout prestataire de soins qui se rend coupable de tels abus.

Nyarugusu héberge plus de 50 mille réfugiés burundais.

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Photo : une pancarte indiquant le camp des réfugiés de Nyarugusu

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