La Tanzanie détruit les maisons des réfugiés burundais qui rentrent

La Tanzanie détruit les maisons des réfugiés burundais qui rentrent

La décision est en vigueur depuis 2017 mais elle a pris une allure qui inquiète les réfugiés depuis le mois passé. Toutes les maisons de réfugiés qui retournent au Burundi sont immédiatement détruites par Danish Refugees Council (DRC), une ONG qui collabore avec des autorités tanzaniennes. Les réfugiés burundais qui ne sont pas encore rentrés y voient une sorte d’intimidation. ( SOS Médias Burundi

Plus de 1000 maisons ont été démolies au cours du seul mois de juillet dernier.

Depuis 2017 quand le retour volontaire des réfugiés burundais a débuté en Tanzanie, les maisons de ceux qui rentrent étaient occupées par des nouveaux demandeurs d’asile ou des victimes des intempéries.

“Normalement quand un réfugié rentre, c’est une sorte de soulagement pour ceux qui ont des maisons en mauvais état ou des demandeurs d’asile. Ils obtenaient ces abris. Et quand il y a des inondations ou des vents qui emportent des maisons, ils s’installaient dans ces abris immédiatement. Mais nous avons été surpris de voir que DRC (Danish Refugees Council) détruit ces habitations sous l’ injonction des autorités tanzaniennes”, soulignent des Burundais du camp de Nduta où plus de 300 maisons ont été déjà détruites.

Même scénario à Nyarugusu.

“Dans les zones 9, 12 et 13, les gens vivent encore sous les tentes. Et comme il y a beaucoup de réfugiés qui sont rentrés, ces dernières semaines, on espérait que nous allions avoir un abri. Mais voilà que plus de 200 maisons viennent d’être détruites. C’est vraiment dommage », déplore un réfugié burundais de Nyarugusu. Et d’ajouter que « DRC a suspendu la réhabilitation de 700 habitations arguant que le mouvement de retour au pays est imminent ».

Le week-end dernier, l’ordre de démolir des maisons d’anciens réfugiés a également été donné à Mtendeli, un autre camp abritant des Burundais . Des réfugiés y voient une sorte d’intimidation et de pression.

“Naturellement, on ne peut pas détruire une maison quand on n’est pas méchant. Des fois cela affecte même notre morale psychologique. Ils veulent nous intimider et nous forcer de rentrer. En d’autres termes, ils nous disent que la vie est impossible ici. En détruisant ces maisons, c’est un message qu’ils envoient : aller construire chez vous et non ici », font savoir des réfugiés contactés.

Ils implorent le concours du HCR et des défenseurs des droits humains pour arrêter ces actes qu’ils qualifient de « criminels et d’extrême méchanceté”.

Plus de 85.000 Burundais ont été déjà rapatriés par le HCR et plus de 164.000 restent encore sur la terre d’exil en Tanzanie.

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