Nduta-Mtendeli: reprise des rondes nocturnes


Les rondes ont repris depuis mercredi 5 août. Les réfugiés redoutent des enlèvements ou attaques dans ces deux camps de réfugiés burundais où les cas de disparitions forcées sont monnaie courante. (SOS Médias Burundi)

Toutes les entrées des camps de Nduta et Mtendeli en Tanzanie sont gardées jalousement par des Burundais qui se sont constitués en groupes de gardiens de la paix.

“Je suis avec mes amis et nous sommes au niveau de la zone 2. Nous avons des bidons et casseroles en tôles et des fers à bétons ou des bâtons. C’est aussi ce qui se fait dans d’autres zones. Si nous voyons un élément suspect, nous faisons du bruit avec ces bidons et casseroles et le camp se réveille”, a indiqué un réfugié burundais qui s’est entretenu avec SOS Médias Burundi, jeudi au camp de Mtendeli à 00h20, heure de Tanzanie.

N’ayant plus confiance aux forces de l’ordre tanzaniennes, ces Burundais ont estimé qu’ils doivent assurer eux-mêmes leur sécurité.

“Mercredi, nous avons été informés que quelque chose allait se passer la nuit. Nous avons monté la garde et vers 3 heures du matin, ceux qui étaient postés à l’entrée ont vu un véhicule suspect. Ils ont crié et tout le camp s’est réveillé. Le véhicule en question a vite rebroussé chemin. Nos compatriotes sont souvent embarqués dans de tels véhicules double cabines”, expliquent des réfugiés contactés.

D’après des sources concordantes, les catégories des réfugiés les plus visés par les enlèvements et disparitions forcées sont les intellectuels, des opposants au régime burundais et des anciens membres des corps de défense et de sécurité au Burundi.

“La Tanzanie croit que ce sont ces gens considérés comme des meneurs qui nous empêchent de rentrer chez nous, ce qui n’est pas le cas. Il se pourrait que la Tanzanie veut casser tout mouvement de refus de rentrer au pays”, estiment-elles.

Une autre chose inquiète les réfugiés à Nduta et Mtendeli : la relève de l’équipe des forces de sécurité qui gardait les deux camps dernièrement. À la place des policiers, ces camp sont pour le moment gardés par des militaires de l’unité des forces spéciales pour la protections des civils “Jeshi la Ulinzi la Wananchi wa Tanzania, JWTZ”.

Il s’agit des forces spécialisées pour contenir des émeutes ou des manifestations violentes en Tanzanie.

“C’est à dire qu’il y a quelque chose qui se prépare ici à notre insu. Nous demandons au HCR et aux défenseurs des droits humains de suivre de près cette situation qui risque de dégénérer. Et pire encore, ces forces ont interdit toute accès aux camps, même les vendeurs de fruits et de légumes en provenance des villages proches de nos camps ne peuvent plus y entrer”, disent des réfugiés à Nduta.

Des réfugiés craignent le scénario de 2012 à Mtabila.
À l’époque, des réfugiés burundais qui avaient fui leur pays en 1972 et 1993 dont le statut de réfugié avait expiré ont été forcés de retourner au Burundi.