Burundi : le général de brigade de police Bertin Gahungu incarcéré à Mpimba, les raisons de sa détention toujours inconnues
SOS Médias Burundi
Bujumbura, 6 septembre 2025 — Le général de brigade de police Bertin Gahungu a été transféré ce samedi 6 septembre à 16h30 à la prison centrale de Bujumbura, communément appelée Mpimba, après avoir passé plus de deux semaines en détention dans les cachots du Service national des renseignements (SNR). Arrêté le 21 août dernier à Bujumbura, la capitale économique du Burundi, le haut gradé reste privé de liberté sans qu’aucune communication officielle n’ait été faite sur les raisons de son interpellation.
D’après des sources proches du dossier, quelques jours avant son transfert, les services de sécurité ont perquisitionné son domicile et fouillé son ordinateur, sans découvrir d’éléments compromettants. Ce flou autour de sa détention alimente les spéculations dans un contexte politique et sécuritaire tendu.
Une arrestation sous tension
Le général Gahungu a été convoqué au Service des renseignements de la Police nationale du Burundi (PNB) le jeudi 21 août vers midi. Il s’est présenté de lui-même, à bord de sa double cabine, accompagné de quatre gardes du corps. Sur place, c’est le chef du renseignement de la police, le colonel Arthémon Nzitabakuze, qui lui a signifié son arrestation.
Selon des témoins, le général aurait alors protesté :
« Tu ne peux pas m’arrêter car tu es mon subalterne. »
Le colonel lui aurait répondu qu’un mandat d’arrêt était en cours d’acheminement. Peu après, des agents du SNR sont arrivés avec le mandat officiel et ont procédé à son arrestation. Le véhicule du général a été fouillé, sans résultat, et ses gardes du corps désarmés, puis brièvement détenus avant d’être libérés dans la soirée.
Un jeune proche également arrêté
L’affaire a pris une autre tournure avec l’arrestation d’un jeune homme proche de la famille Gahungu, étudiant en Chine et en vacances au Burundi. Ce dernier, élevé par la famille du général, a été interpellé une heure après la libération des gardes du corps. Ce dernier a également été appréhendé. Selon les témoignages recueillis, les agents s’intéressaient à ses allées et venues, notamment à travers des photos montrées aux gardes.
Une hypothèse : une activité en ligne jugée subversive ?
Bien que les autorités n’aient rien confirmé à ce jour, une source proche de la famille indique que le général Gahungu pourrait être soupçonné d’avoir utilisé un compte anonyme sur les réseaux sociaux, accusé de porter atteinte à l’image du pays. Une accusation difficile à vérifier, et qui n’a, pour l’instant, donné lieu à aucune procédure publique.
Un fils déjà emprisonné à Mpimba
Cette affaire intervient alors que le fils aîné du général Gahungu, officier à la Force de défense nationale du Burundi (FDNB), est également incarcéré à Mpimba. Ce dernier avait été acquitté depuis plus d’un an dans une affaire de meurtre impliquant un de ses amis policiers, mais il reste en détention sans motif clairement établi.
L’arrestation du général Bertin Gahungu et des membres de son entourage soulève de nombreuses zones d’ombre. En l’absence de communication officielle, difficile de distinguer les faits des spéculations. Cette affaire met en lumière les opacités persistantes autour des procédures judiciaires et de détention au Burundi.
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Photo : Le général de brigade de police Bertin Gahungu transféré à la prison centrale de Bujumbura, dite Mpimba, sans que les motifs de son arrestation ne soient communiqués officiellement. © SOS Médias Burundi
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