Meheba (Zambie) : délivrance des documents de l’état civil pour les réfugiés
SOS Médias Burundi
Meheba, 6 septembre 2025 — Après un retard de deux jours, la délivrance tant attendue des certificats de naissance et des cartes d’identité aux réfugiés et demandeurs d’asile a repris ce jeudi dans le camp de Meheba, en Zambie. L’activité se déroule au centre urbain du camp, sur la Route 36, et suscite un vif soulagement parmi les bénéficiaires.
Ces documents, essentiels pour garantir les droits fondamentaux des réfugiés, ne sont toutefois délivrés qu’une fois par an, voire tous les deux ou trois ans, selon plusieurs résidents du camp.
« Imaginez un enfant de trois ou quatre ans sans certificat de naissance. En plus de voir son droit bafoué, les parents peinent à prouver son identité au dispensaire ou à l’école », déplore un réfugié burundais, venu chercher un certificat pour son fils de deux ans.
Une lenteur administrative qui pénalise
Les bénéficiaires pointent du doigt la lourdeur administrative, mais aussi les obstacles pratiques : certains réfugiés, souvent contraints de sortir du camp pour subvenir aux besoins de leur famille, ratent les rendez-vous fixés.
De leur côté, les autorités administratives et le HCR expliquent qu’ils préfèrent attendre un nombre suffisant de demandeurs avant d’organiser une session collective, afin d’optimiser les ressources et toucher un maximum de bénéficiaires en une fois.
Un accès élargi à la vie sociale
La délivrance des cartes d’identité est également saluée par les réfugiés, qui y voient un pas important vers l’autonomie et la reconnaissance.
« Nous allons pouvoir ouvrir des comptes bancaires, obtenir des cartes SIM, voyager, chercher du travail… C’est une vraie reconnaissance ! », se réjouit un demandeur.
Ces documents sont également indispensables pour ceux qui entament des procédures de réinstallation dans un troisième pays, ou pour les étudiants souhaitant accéder à des programmes éducatifs à l’échelle nationale ou internationale.
Des irrégularités dès le premier jour
Malgré l’enthousiasme général, l’opération est marquée par plusieurs irrégularités signalées dès le premier jour : népotisme, favoritisme, corruption, notamment de la part de certains agents de sécurité chargés de gérer l’alignement des centaines de réfugiés venus attendre devant un unique bureau.
Face à cette situation, les réfugiés demandent une intervention rapide de l’administration pour rétablir l’ordre et garantir l’équité. Ils plaident aussi pour l’extension de la période de délivrance à deux semaines, afin que personne ne soit laissé pour compte.
Le camp de Meheba, situé dans le nord-ouest de la Zambie, abrite plus de 27 000 réfugiés, dont environ 3 000 Burundais.
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Photo : Une partie du camp de Meheba, en Zambie, où les autorités et le HCR ont lancé une opération de délivrance des documents de l’état civil. © SOS Médias Burundi
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