Buhumuza : suspension des réinstallations – les réfugiés congolais face à l’incertitude

Buhumuza : suspension des réinstallations – les réfugiés congolais face à l’incertitude

SOS Médias Burundi

Ruyigi, 8 septembre 2025 – Une délégation du service de réinstallation du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), bureau de Ruyigi, dans la province de Buhumuza à l’est du Burundi, s’est rendue ce lundi dans plusieurs camps de réfugiés congolais, notamment à Nyankanda. Objectif : informer les réfugiés sur le statut actuel du programme de réinstallation, dans un contexte marqué par la diminution rapide de l’aide humanitaire.

Un programme quasiment à l’arrêt

Selon les informations transmises, le programme de réinstallation est pratiquement suspendu, bien que pas officiellement interrompu. Le ralentissement s’explique essentiellement par la décision des États-Unis, principal pays d’accueil pour les réfugiés congolais, de geler temporairement les admissions pour l’année en cours. Traditionnellement, environ 90 % des réinstallations de réfugiés depuis le Burundi concernent les États-Unis.

Le Canada, autre acteur du programme, a offert un quota très limité – à peine 2 % des places disponibles, déjà utilisées. L’Australie, de son côté, n’a pas encore communiqué son quota pour 2025, plongeant les réfugiés dans l’incertitude.

Déception et frustration dans les camps

Dans les camps comme Bwagiriza, Nyankanda, Musasa, Kinama et Kavumu, les réfugiés attendaient cette visite du HCR avec espoir. Beaucoup avaient des dossiers en cours et espéraient une reprise imminente des départs.

« Depuis l’annonce de janvier, on espérait des nouvelles. Mais aujourd’hui, on nous dit que les portes sont toujours fermées », regrette Jean-Paul, réfugié à Bwagiriza depuis 13 ans.

Des réfugiés congolais à l’aéroport de Bujumbura, en partance pour les États-Unis. Scène capturée dans la capitale économique du Burundi. Ces réfugiés bénéficient du programme de réinstallation géré par le HCR, aujourd’hui largement ralenti. © SOS Médias Burundi

Même sentiment chez Clémence, une réfugiée du camp de Nyankanda :

« On attendait une date, un signe. Mais on nous dit seulement que le programme est au ralenti. C’est dur, surtout maintenant que l’aide humanitaire a beaucoup diminué. »

Un contexte humanitaire qui se dégrade

La réduction des aides humanitaires accentue le malaise dans les camps. Pour des milliers de réfugiés, la réinstallation n’est pas un luxe mais le seul espoir d’un avenir sûr et digne.

Bien que les représentants du HCR aient assuré que le programme n’était pas annulé, la nuance ne suffit pas à rassurer ceux qui attendent depuis des années.

Réinstallation : une chance pour les plus vulnérables

Le programme de réinstallation est destiné à des réfugiés identifiés comme extrêmement vulnérables : victimes de violences sexuelles, personnes âgées, enfants non accompagnés, malades chroniques, etc. Il leur permet d’être accueillis dans un pays tiers qui garantit protection et stabilité.

Des décisions influencées par la géopolitique

Si les réfugiés comprennent les enjeux diplomatiques et sécuritaires influençant les décisions des pays d’accueil, ils demandent plus de clarté, de communication et de soutien.

Le Burundi héberge actuellement plus de 90 000 réfugiés congolais, répartis principalement dans les camps de Bwagiriza, Nyankanda, Musasa, Kinama et Kavumu.

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Photo : des réfugiés congolais au camp de Musasa, dans le nord du Burundi. Vue de la vie quotidienne dans l’un des principaux camps accueillant des réfugiés congolais. ©SOS Médias Burundi

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