Photo de la semaine- Bujumbura: arrestations massives de Congolais, la peur s’installe dans la capitale

Photo de la semaine- Bujumbura: arrestations massives de Congolais, la peur s’installe dans la capitale

Un climat de peur et d’incertitude s’est installé au sein de la communauté congolaise vivant à Bujumbura, capitale économique du Burundi. En cause : une série de fouilles et d’arrestations menées ces derniers jours par les forces de l’ordre dans plusieurs quartiers de la ville, visant principalement des ressortissants de la République démocratique du Congo (RDC).

La dernière opération en date s’est déroulée le vendredi 3 octobre dans le quartier Mutakura, au nord de la ville, où la police burundaise a procédé à une vaste fouille domiciliaire. Parmi les personnes arrêtées figurent des réfugiés congolais, mais aussi d’autres Congolais vivant sans statut officiel de réfugié à Bujumbura.

Quatre jours plus tôt, une opération similaire avait eu lieu à Cibitoke, également marquée par de nombreuses interpellations. Selon plusieurs témoignages, certaines personnes arrêtées auraient passé deux jours en détention avant d’être libérées contre le paiement d’amendes allant jusqu’à 200 000 francs burundais par individu.
Ceux dépourvus de documents légaux auraient été expulsés vers la frontière de Gatumba-Kavimvira, à l’ouest du Burundi, tandis que les réfugiés reconnus auraient été renvoyés vers leurs camps d’origine à l’intérieur du pays.

Un membre influent de la communauté congolaise de Bujumbura, qui a requis l’anonymat, dénonce fermement ces opérations.

« Le Burundi est un pays ami de la RDC. Nous ne comprenons pas ces arrestations et expulsions massives. Certains des nôtres sont renvoyés vers des zones où règne l’insécurité. »

Il poursuit :

« D’autres ne veulent pas demander le statut de réfugié parce qu’ils traversent régulièrement la frontière pour travailler et subvenir aux besoins de leurs familles ici à Bujumbura. Nous demandons au gouvernement burundais de tenir compte de la situation difficile que vivent les Congolais. »

Ce membre ajoute que les amendes imposées et les expulsions risquent de briser des familles entières.

« Que ceux qui sont arrêtés ne soient pas surtaxés, et qu’on aide ceux qui n’ont pas encore régularisé leur séjour à le faire. L’ambassade doit poursuivre le dialogue avec les autorités locales pour éviter que des familles soient séparées. »

Un autre témoignage émane d’un réfugié congolais légalement enregistré au Burundi, mais qui se rend régulièrement à Bujumbura pour des raisons familiales.

« Je suis arrivé à Bujumbura il y a deux ans pour les études de mes enfants, car ils sont encore trop jeunes pour vivre seuls. Pour résider en ville, nous devons obtenir un acquis de droit délivré par l’ONPRA (Office national de protection des réfugiés et apatrides). »

Il précise :

« Ce document autorise les réfugiés à vivre en milieu urbain. Mais aujourd’hui, il est devenu difficile à obtenir. Seuls les élèves y ont droit. Nous demandons à l’ONPRA de nous faciliter l’accès à ce document afin que nous puissions vivre dignement, sans crainte d’arrestation ni d’expulsion. »

La panique qui gagne la communauté congolaise au Burundi met en lumière un besoin urgent de dialogue entre autorités burundaises, l’ONPRA et l’ambassade de la RDC, ainsi qu’une clarification des procédures d’établissement légal et un meilleur accès à la documentation administrative.

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Notre photo : des réfugiés congolais arrêtés par la police et embarqués dans un camion vers la frontière burundo-congolaise, en septembre 2025. ©SOS Médias Burundi

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