Burundi : nouvelle inquiétude pour le journaliste Kenny Claude Nduwimana, un dossier en préparation ?
SOS Médias Burundi
Bujumbura, 29 octobre 2025 – Depuis vendredi, Kenny Claude Nduwimana a été retiré de la prison centrale de Bujumbura (Mpimba) pour être détenu dans les cachots du Service national de renseignement (SNR). Sa famille n’a aucun contact avec lui, malgré les assurances de la Commission nationale indépendante des droits de l’homme (CNIDH).
Des sources proches des renseignements évoquent désormais l’ouverture possible d’un nouveau dossier à son encontre, accentuant les craintes pour sa sécurité physique et psychologique. Son isolement prolongé et l’opacité entourant sa détention suscitent une vive inquiétude au sein de la société civile et des observateurs des droits humains.
Un intermédiaire entre la famille et les autorités burundaises avait informé que le journaliste devait regagner la prison centrale de Bujumbura le lundi 27 octobre 2025. Des promesses similaires avaient été données par la CNIDH, mais aucune n’a été respectée.
« Les deux ont assuré à la femme de Kenny qu’il va bien et qu’elle n’a pas à s’inquiéter », rapportent des sources proches du dossier.
« Mais la CNIDH a fini par lui dire clairement qu’elle ne peut pas le voir, du moins qu’elle n’a pas accès à son mari. C’est très inquiétant. »
Des sources confirment à SOS Médias Burundi qu’une équipe de la CNIDH s’est rendue aux cachots du SNR à Bujumbura pour visiter Kenny Claude Nduwimana. Didace Sunzu, chargé de la communication à la CNIDH, a promis de s’exprimer sur cette affaire ce jeudi, lorsqu’il sera dans la ville commerciale de Bujumbura, où se trouve le siège de la commission. Ce mercredi en début de soirée, il se trouvait hors de la ville lorsqu’il a été joint par SOS Médias Burundi.
Pour rappel, Kenny Claude Nduwimana avait été condamné à huit mois de prison le 26 août 2024, après dix mois de détention préventive. En décembre 2024, une attestation de non-appel avait été délivrée, indiquant que l’affaire était close et qu’il devait être libéré.
Pourtant, le 21 janvier 2025, le ministère public a déposé un recours bien après le délai légal de 90 jours. La défense considère cet appel irrecevable et illégal.
Le sort de Kenny Claude Nduwimana demeure incertain, rappelant que l’espace pour un journalisme libre et critique au Burundi reste dangereusement limité.
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Photo : Le journaliste Kenny Claude Nduwimana, au centre d’une affaire qui interpelle la justice burundaise, a été retiré du pénitencier de Mpimba pour être détenu dans les cachots du SNR. © SOS Médias Burundi
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