Bujumbura : le journaliste Kenny Claude Nduwimana transféré du pénitencier de Mpimba vers les cachots du SNR
SOS Médias Burundi
Bujumbura, 26 octobre 2025 — Le journaliste Kenny Claude Nduwimana a été retiré vendredi 24 octobre de la prison centrale de Bujumbura, dite Mpimba, pour être détenu dans les cachots du Service national de renseignements (SNR), situés à son siège dans la capitale économique Bujumbura.
Selon plusieurs sources concordantes, le journaliste y a été conduit dans l’après-midi, vers 16 heures, après avoir passé près de cinq heures à l’isolement.
Un proche qui s’est confié à SOS Médias Burundi ce samedi a confirmé les faits :
« On nous avait dit qu’il devait être renvoyé à Mpimba ce samedi, avant de changer et dire que ce serait lundi », a-t-il témoigné.
Les raisons de ce transfert restent pour l’instant inconnues, mais selon la famille du journaliste, il pourrait être lié à des informations récemment publiées par un média burundais basé à l’étranger, évoquant de probables viols de femmes détenues à Mpimba, avec la complicité présumée de certains responsables pénitentiaires.
Toutefois, le journaliste et ses proches nient toute implication dans ces allégations. D’autres sources y voient plutôt des manœuvres visant à prolonger sa détention.
« Kenny avait comparu trois fois au cours des trois dernières semaines et un processus était engagé au plus haut niveau pour le libérer. Sans doute que des personnes de mauvaise foi, qui veulent qu’il croupisse en prison, sont derrière tout cela », a indiqué une source proche du dossier.
Au Burundi, certains détenus parviennent à se procurer des téléphones dans la clandestinité. Kenny Claude Nduwimana en aurait également possédé un. Selon nos informations, son appareil aurait été fouillé sans qu’aucun élément compromettant n’y soit trouvé.
Un dossier judiciaire controversé
Pour rappel, Kenny Claude Nduwimana avait été condamné à huit mois de prison le 26 août 2024, après avoir passé dix mois en détention préventive. En décembre 2024, une attestation de non-appel avait été délivrée, indiquant que l’affaire était close et qu’il devait être libéré.
Pourtant, le 21 janvier 2025, le ministère public a déposé un recours bien après le délai légal de 90 jours. La défense considère cet appel comme irrecevable et illégal.
Début 2025, l’ancien président de la Commission nationale indépendante des droits de l’homme (CNIDH), Sixte Vigny Nimuraba, avait exprimé ses inquiétudes devant l’Assemblée nationale :
« Il reste à Mpimba alors qu’il devrait être libre. Croyez-vous que cela ne va pas entraîner des conséquences pour le pays ? »
Peu de temps après, Nimuraba a quitté le pays, visé à son tour par des accusations de malversations, dans un climat de tensions accrues entre les institutions.
Poursuivi pour escroquerie et atteinte à l’honneur via les réseaux sociaux, Kenny Claude Nduwimana estime être ciblé pour avoir dénoncé des cas de spoliation de terrains publics. Il continue de clamer son innocence et en appelle à l’application de la loi :
« Si la justice burundaise est vraiment indépendante, je dois être libéré. »
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Photo : Le journaliste Kenny Claude Nduwimana, au centre d’une affaire qui interpelle la justice burundaise, a été retiré du pénitencier de Mpimba pour être détenu dans les cachots du SNR. © SOS Médias Burundi
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