Minembwe : des femmes Banyamulenge manifestent pour exiger la libération d’un couple et leur nourrisson détenus par l’armée
Un certain Beau Fils Rutebuka de la communauté Banyamulenge et son épouse Penina Consolée et leur bébé sont détenus par les FARDC (Forces Armées de la République Démocratique du Congo) depuis samedi dernier. Le couple est soupçonné d’être d’être impliqué dans le commerce illicite d’armes. (SOS Médias Burundi)
Le couple et leur nourrisson sont détenus par la 112 ème brigade d’intervention basée à Minembwe. C’est sur le territoire de Fizi, province du Sud-Kivu à l’est de la RDC. Des manifestantes plaident pour l’implication du responsable de l’unité en charge de démanteler les groupes armés dans le Sud-Kivu communément connue comme « Sokola 2 ». « Nous demandons au général Gaby Boswana, commandant du secteur opérationnel Sokola 2 de libérer Rutebuka et sa femme car ils sont innocents », a indiqué Espérance Nyambube qui participait dans la manifestation ce matin.
Pour d’autres femmes comme Esther Nyandebwa, « il est inacceptable que les FARDC continuent d’arrêter arbitrairement des hommes Banyamulenge les accusant de vente d’armes alors que des militaires congolais ne cessent de vendre des armes à des groupes rebelles comme les Maï Maï et autres ».
Elle donne des cas illustratifs des zones de Kahwela, Rumba, Kivumu et Mikenke sur le territoire de Fizi où des éléments des FARDC vendent des armes à des miliciens Maï Maï au grand jour.
Dans un communiqué, le porte parole de l’armée congolaise dans la région a affirmé que » les FARDC ont mis la main sur un des leaders du groupe Twirwaneho du colonel Makanika ». Beau Fils Rutebuka a été exhibé en tenue civile avec une arme à la main. La société civile locale parle d’une détention abusive.

Des responsables locaux quant à eux accusent les FARDC de tuer les habitants au lieu de les protéger. « Il y a plus de 2000 militaires à Minembwe. Mais les Maï Maï passent devant leurs positions quand ils viennent nous tuer et piller nos troupeaux », ont ils indiqué avec colère.
Depuis le mois mars dernier, une quinzaine de jeunes Banyamulenge ont été arrêtés et détenus par l’armée régulière. Ils appartiennent au groupe armé Twirwaneho du colonel Makanika. Ce dernier est principalement composé de membres de la communauté Banyamulenge qui se considèrent comme « combattants locaux ». Il a été créé pour protéger les Banyamulenge contre des attaques répétitives des mouvements rebelles locaux et étrangers qui pullulent dans le Sud-Kivu.
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Photo : vue d’une colonne de femmes Banyamulenge lors d’une manifestation à Minembwe
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