Burundi : soulagement partiel dans les camps de réfugiés, la ration alimentaire prolongée et majorée
SOS Médias Burundi
Ruyigi, 29 septembre 2025 —Un vent de soulagement souffle sur les camps de réfugiés à travers le Burundi. L’assistance alimentaire, dont la suspension était initialement prévue pour novembre prochain, ne sera finalement pas interrompue. Le Programme alimentaire mondial (PAM) a réussi à mobiliser les fonds nécessaires pour prolonger la distribution de vivres jusqu’en mars 2026, une annonce accueillie avec enthousiasme par les réfugiés.
Dès le mois d’octobre, la ration alimentaire mensuelle a été augmentée de 20 %, portant ainsi le niveau d’assistance à 70 % des besoins alimentaires, contre 50 % distribués depuis le début de l’année.
Dans les camps, cette nouvelle a été reçue avec soulagement et espoir, après plusieurs mois d’inquiétude face à la menace d’une suspension de l’aide.
Au camp de Nyankanda, dans la commune de Ruyigi, en province de Buhumuza, à l’est du Burundi, Ndagano, un réfugié congolais, témoigne :
« Ces derniers mois, nous vivions dans la peur que l’aide s’arrête. Cela aurait plongé nos familles dans une précarité encore plus sévère. Aujourd’hui, nous sommes très reconnaissants que cette aide soit non seulement maintenue, mais aussi renforcée. »
Pour lui, ce regain d’espoir donne un nouveau souffle à ceux qui, depuis des années, dépendent de cette assistance pour survivre.

Des enfants dans une école maternelle au camp de réfugiés de Kavumu à l’est du Burundi © SOS Médias Burundi
Des besoins toujours immenses
Si cette amélioration constitue un pas en avant considérable, elle ne doit pas masquer les nombreuses autres difficultés auxquelles les réfugiés font face chaque jour.
L’accès aux soins médicaux reste limité, les écoles manquent de matériel et de personnel, et les perspectives d’autonomie demeurent faibles.
Martha, également réfugiée à Nyankanda, partage cette joie tempérée :
« Nous sommes très contents de cette augmentation de la ration alimentaire. Mais d’autres besoins essentiels comme la santé et l’éducation restent négligés. Il faut aussi penser à renforcer ces secteurs pour que notre vie ici soit plus digne. »
Selon plusieurs acteurs humanitaires, la situation dans les camps reste fragile, et les financements internationaux sont en baisse constante.

Des réfugiés congolais au camp de Musasa, dans le nord du Burundi. Vue de la vie quotidienne dans l’un des principaux camps accueillant des réfugiés congolais. © SOS Médias Burundi
Le Burundi, terre d’accueil malgré la crise
Le Burundi héberge actuellement plus de 100 000 réfugiés, répartis dans cinq camps dans le nord-est, situés dans les provinces de Buhumuza et Butanyerera, et un site installé dans la province de Burunga, au sud du pays.
Des réfugiés vivent également en milieu urbain, notamment à Bujumbura, la capitale économique, et à Rumonge, une ville portuaire située dans le sud-ouest du pays.
Certains sont installés au Burundi depuis plus de 20 ans. Bien qu’ils soient de nationalités diverses, la majorité provient de la République démocratique du Congo (RDC), fuyant les violences persistantes à l’Est du pays.
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Photo : Des réfugiés congolais reçus dans un centre de transit au Burundi, avril 2025 © SOS Médias Burundi
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