Bujumbura : la faim inquiète certaines femmes de la capitale économique
SOS Médias Burundi
Bujumbura, 29 octobre 2025- La vie devient de plus en plus dure pour de nombreuses familles dans la capitale économique du Burundi. L’inflation galopante, la flambée des prix des denrées alimentaires et la crise économique prolongée plongent les ménages dans une détresse quotidienne. Certaines femmes témoignent d’une misère qui atteint un niveau alarmant.
Dans plusieurs quartiers populaires de Bujumbura, la précarité alimentaire s’installe. Les femmes, souvent cheffes de famille, disent ne plus savoir comment nourrir leurs enfants.
« La faim est sur le point de nous tuer avec nos enfants », confie une habitante du quartier Nyakabiga, à Bujumbura. Comme elle, plusieurs mères rencontrées dans la capitale économique décrivent une situation devenue insupportable.
Depuis quelques mois, les prix des aliments ne cessent d’augmenter dans la capitale économique. Beaucoup de familles affirment qu’elles ne savent plus comment se nourrir chaque jour.
D’après les commerçants, le riz coûte désormais 7 000 Fbu le kilo, les haricots 3 000 Fbu, et les tomates 5 500 Fbu. « Avec 10 000 Fbu, on ne peut plus préparer un repas complet », déplore N.D., mère de trois enfants.
Une autre femme, vendeuse ambulante, ajoute :
« Nos enfants ont terminé leurs études, mais ils n’ont pas de travail. Avant, on pouvait encore les nourrir, mais aujourd’hui même cela est difficile. Trouver la ration du jour est devenu un grand problème. »
Certaines familles voient même leurs enfants partir à l’étranger à la recherche d’une vie meilleure. J.N., une veuve du quartier Bwiza, raconte avec émotion :
« Mes fils sont partis en Zambie. Ils n’ont pas fui la guerre, mais la faim. Je n’avais plus de moyens pour les aider. »
Du côté des marchés, la situation n’est pas plus encourageante. Les commerçants eux aussi tirent la sonnette d’alarme. « Si rien n’est fait, le riz de dernière qualité pourrait coûter 10 000 Fbu le kilo l’année prochaine », avertit un vendeur du marché de Nyakabiga.
Pour Dative, une autre mère de famille rencontrée sur l’avenue du Large, la pauvreté touche toutes les couches sociales :
« Nous, les femmes, sommes les premières à souffrir. L’argent perd sa valeur. Même les fonctionnaires ne savent plus comment s’en sortir. »
Toutes ces femmes appellent le gouvernement à agir sans tarder pour stopper la hausse continue des prix. « Si rien n’est fait, demain sera trop tard », préviennent-elles.
Selon plusieurs économistes interrogés par SOS Médias Burundi, cette flambée des prix est liée à la crise économique persistante et à la pénurie de carburant qui dure depuis près de cinq ans dans la petite nation de l’Afrique de l’Est.
L’inflation au Burundi a culminé à 45,5 % en avril 2025, avec un taux annuel de 20,21 % en 2024. Elle a ensuite diminué pour atteindre 34,5 % en août 2025, marquant un léger recul par rapport au pic de juillet. Cette forte hausse a été principalement causée par la flambée des prix des produits alimentaires et la dépréciation continue du franc burundais.
Les résidents de Bujumbura, où se concentrent les agences des Nations Unies, les ONG et l’administration centrale, sont particulièrement affectés. Ils doivent faire face à une hausse constante du coût de la vie, dans un pays frappé par des pénuries chroniques et une inflation sans précédent.
Les prix ont significativement grimpé en une année sur l’ensemble du territoire burundais, et particulièrement à Bujumbura, une ville qui dépend entièrement de la production locale, laquelle a chuté notamment à cause du manque d’intrants agricoles et des importations devenues difficiles en raison du manque de devises.
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Photo : Une commerçante transporte des bidons de carburant dans la ville d’Uvira, en République démocratique du Congo, à quelques kilomètres de Bujumbura. © SOS Médias Burundi
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