Or, ivoire et milliards dans un bureau : le scandale qui secoue le parquet général du Burundi
SOS Médias Burundi
Bujumbura, 4 décembre 2025- Léonard Manirakiza, ancien procureur général de la République du Burundi, est détenu depuis le 1er décembre 2025 dans les cachots du Service national des renseignements (SNR) à Bujumbura, la capitale économique, après la découverte dans son ancien bureau de deux lingots d’or, plusieurs dents d’éléphant et près d’un milliard de francs, comprenant monnaie locale et devises étrangères.
De retour d’une mission écourtée en Suisse le 28 novembre 2025, il s’était présenté pour la remise et reprise de ses fonctions. La nouvelle procureure générale, Rose Nkorerimana, a exigé d’entrer avec lui dans le bureau, et c’est lors de cette inspection conjointe que les biens ont été découverts. L’ancien procureur affirme qu’il s’agissait de biens saisis dans le cadre d’enquêtes, mais n’a pas présenté de procès-verbal pour le prouver.
Un officier présent sur les lieux a décrit la scène comme du « jamais vu », soulignant l’ampleur et la valeur des objets découverts : un mélange rare d’or, d’ivoire et d’argent liquide.
Peu après, les agents du SNR sont intervenus et ont placé Léonard Manirakiza en détention immédiate, sur instruction directe de la procureure générale. Cette affaire soulève des questions sur la gestion des biens saisis, la transparence judiciaire et la dynamique politique autour du parquet général, alors que l’enquête est toujours en cours.
Ancien procureur près le tribunal de grande instance de Muramvya, au centre du pays, Léonard Manirakiza avait été nommé à la tête de la chambre judiciaire de la Cour suprême par feu président Pierre Nkurunziza, après l’affaire controversée des élèves ayant gribouillé la photo du chef de l’État. Il avait ensuite été nommé procureur général il y a environ deux ans. Il a été destitué le 25 novembre 2025 alors qu’il participait à la 116ᵉ session du Comité pour l’élimination de la discrimination raciale (CERD), tenue au Palais Wilson à Genève.
Sa remplaçante, Rose Nkorerimana, est la première femme à occuper ce poste dans la petite nation de l’Afrique de l’Est.
De nombreux observateurs estiment que cette affaire — où un procureur général gardait dans son bureau des biens considérés comme volés, une pratique souvent rapportée chez certains responsables du CNDD-FDD, l’ancienne rébellion hutu au pouvoir depuis 2005 — et qualifiée par le président Évariste Ndayishimiye de « sabotage économique », montre à quel point les institutions burundaises sont devenues méprisables.
Un officier de police judiciaire (OPJ) affecté au SNR a déjà dressé un procès-verbal en vue de la constitution d’un dossier judiciaire. Il n’était pas encore connu si l’ancien procureur dispose d’un avocat pour le moment.
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Photo : Léonard Manirakiza, l’ancien procureur général arrêté pour or, ivoire et milliards en liquide. (Crédit photo : Radio Télévision Nationale du Burundi – RTNB)
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