Bururi : le colonel Moïse Arakaza alias Nyeganyega remis en liberté

Bururi : le colonel Moïse Arakaza alias Nyeganyega remis en liberté

SOS Médias Burundi

Bururi, 19 avril 2026 – Le colonel de police Moïse Arakaza, connu sous le surnom de Nyeganyega, a été remis en liberté mercredi 15 avril 2026 dans l’après-midi, après plusieurs mois de détention à la prison centrale de Bururi, dans la province de Burunga, au sud du Burundi.

Cette libération fait suite à une décision de la Cour d’appel de Bururi, qui l’a condamné à une amende d’un million de francs burundais pour atteinte à l’économie nationale. Selon une source judiciaire contactée sur place, le ministère public n’ayant pas interjeté appel, le jugement est devenu définitif, ouvrant ainsi la voie à sa remise en liberté.

Pour rappel, Moïse Arakaza avait été arrêté en août dernier à Rumonge, dans la même province, dans une affaire de fraude liée au carburant. D’après les éléments de l’enquête, il convoyait un véhicule spécialement aménagé pour le transport illégal de carburant en provenance de la Tanzanie voisine. La petite nation de l’Afrique de l’Est fait face à une crise de carburant qui dure depuis plus de cinq ans, favorisant le développement de trafics illicites.

Lors de son interception à Kigwena, il aurait menacé des agents de la police de roulage qui tentaient de saisir le véhicule.

Depuis son arrestation, il était détenu à la prison centrale de Bururi dans l’attente de l’issue de la procédure judiciaire.

Au-delà de cette affaire, le colonel Arakaza est cité dans plusieurs allégations de violations des droits de l’homme dans différentes communes de l’ancienne province de Bururi, notamment à Mugamba et Matana, ainsi que dans d’autres localités où il a exercé ses fonctions.

Sa libération relance le débat sur son avenir professionnel, dans un contexte où aucune mesure disciplinaire publique n’a été annoncée, malgré la gravité des accusations portées contre lui. Pour certains observateurs, ce silence des autorités judiciaires et administratives illustre une fois de plus les zones d’ombre entourant la gestion de certains dossiers impliquant des hauts gradés des forces de l’ordre.

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Photo : Le colonel Moïse Arakaza, arrêté pour trafic de carburant et libéré après plusieurs mois de détention, est également cité dans plusieurs affaires de violations des droits humains. © DR

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