Buganda : l’armée burundaise reçoit des combattants et miliciens congolais et rwandais, fuyant les défaites face au M23

Buganda : l’armée burundaise reçoit des combattants et miliciens congolais et rwandais, fuyant les défaites face au M23

SOS Médias Burundi

Buganda, 11 décembre 2025 — Entre le 7 et le 10 décembre, plus de 2 000 combattants et miliciens congolais et rwandais, fuyant les défaites face aux rebelles- M23, ont été reçus par l’armée burundaise à Buganda et dans les environs, dans la région frontalière de Cibitoke au nord-ouest du Burundi. Leur arrivée a suscité inquiétude et tension parmi la population locale.

Un afflux massif de combattants sur le sol burundais

Depuis le 7 décembre, plus de 2 000 militaires et miliciens congolais, ainsi que des membres des FDLR (Forces de libération du Rwanda) — accusés d’avoir participé au génocide des Tutsis en 1994 — ont traversé la frontière pour se mettre à l’abri. Les combats intenses avec le M23 se sont déroulés dans plusieurs localités du territoire d’Uvira : Kamanyola, Katogota, Luvungi, Lubarika, Bwegera, Luberizi, Sange et Kiliba.

Environ 1 600 soldats FARDC, accompagnés d’éléments FDLR et 400 miliciens Wazalendo, dont un chef se présentant comme « général Kamama », ont été regroupés sur le terrain de football de Buganda, encadrés par l’armée burundaise. D’autres se sont dispersés vers les camps de transit de Cishemere et Kansega, où ils ont été progressivement identifiés. Plusieurs d’entre eux ont franchi le pont installé sur la rivière Rusizi, séparant la RDC et le Burundi, et ont été aperçus à Kaburantwa.

Une prise en charge fragile et préoccupante

À Buganda, les miliciens Wazalendo n’ont aucune ration alimentaire et dépendent de l’aide des habitants, sous surveillance de la police et de l’armée burundaise. Les FARDC et FDLR, eux, reçoivent des vivres directement des forces burundaises.

La population locale s’inquiète de possibles débordements si les combattants venaient à manquer de nourriture. Certains redoutent que ces groupes « descendent chez les habitants pour exiger de la nourriture par la force ».

Transfert en préparation et rôle du CICR

Les responsables militaires et administratifs ont indiqué qu’un site éloigné de la frontière est en cours d’aménagement pour accueillir ces combattants, en attendant une éventuelle prise en charge par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

Un site de transit à Buganda, non loin de la frontière avec la RDC, accueille des miliciens, civils, militaires et combattants rwandais avant le tri et l’orientation vers d’autres structures. ©SOS Médias Burundi


Pour les combattants présents dans les camps de transit, des enquêtes détermineront leur statut avant tout déplacement ultérieur.

La ville d’Uvira désormais sécurisée selon l’AFC/M23

Dans un communiqué publié mercredi soir, l’AFC/M23 a annoncé :

« La ville d’Uvira est désormais totalement libérée et placée sous la bonne sécurité des Forces de libération. Aujourd’hui, la menace a été écartée. Nos compatriotes sont appelés à reprendre leurs activités en toute sérénité. Celles et ceux qui avaient fui les exactions des forces négatives qui ont martyrisé la ville d’Uvira depuis plusieurs mois peuvent librement regagner leurs foyers, désormais libérés de toute persécution, de toute tracasserie et de toute forme de violence. »

« L’AFC/M23 réaffirme sa détermination inébranlable à protéger les populations civiles et à défendre leurs droits face à toute agression, d’où qu’elle provienne », a ajouté Lawrence Kanyuka, porte-parole du mouvement.

Contexte régional tendu

Réactivé en 2021, le M23 fait partie de l’Alliance Fleuve Congo (AFC), dirigée par Corneille Nangaa, qui milite pour un État fédéral en RDC. Le mouvement contrôle aujourd’hui plusieurs chefs-lieux du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, ainsi que des zones minières stratégiques.

Kinshasa accuse depuis longtemps le Rwanda de soutenir le M23, des accusations rejetées par Kigali. À l’inverse, le Rwanda accuse la RDC et le Burundi de soutenir les FDLR.

Le Burundi a déployé depuis 2023 plus de 10 000 soldats pour appuyer les FARDC, l’armée loyaliste congolaise et les milices Wazalendo, soutenues par Kinshasa. L’accord de Washington, signé le 4 décembre sous médiation américaine — avec le président burundais Évariste Ndayishimiye comme observateur — prévoit le désarmement des FDLR, que le président Félix Tshisekedi qualifie de « force résiduelle réduite au banditisme ».

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Photo : des réfugiés congolais arrivent dans la localité de Kaburantwa, en région frontalière de Cibitoke, où plus de 2 000 combattants et miliciens congolais et rwandais ont été reçus par l’armée burundaise.©SOS Médias Burundi

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