Choc au camp militaire de Mwaro : les miliciens Wazalendo achètent et mangent des chiens après la chute d’Uvira
SOS Médias Burundi
Gitega, 17 décembre 2025 – Après la chute d’Uvira, située à quelques kilomètres de Bujumbura, la capitale économique du Burundi où sont concentrées les agences des Nations-Unies et l’administration centrale, le camp militaire de Mwaro, spécialisé dans l’artillerie lourde et situé en province de Gitega (centre), accueille des miliciens Wazalendo soutenus par les autorités congolaises et burundaises.
Parmi les pratiques qui suscitent choc et indignation auprès des riverains, certains combattants ont été observés acheter et consommer des chiens auprès des habitants voisins, jusqu’à 250 000 francs burundais par animal. Cette pratique est considérée comme une atteinte aux mœurs au Burundi, où la consommation de chiens est interdite et passible d’une amende pouvant atteindre 100 000 francs burundais. Dans le passé, des Congolais s’étaient fait expulser pour avoir enfreint cette loi.
Les miliciens sont séparés des civils, les autorités burundaises disant compter sur le CICR (Comité International de la Croix-Rouge) pour leur gestion.
Pratiques inhabituelles et conditions de vie préoccupantes
Outre l’achat de chiens, le manque d’infrastructures sanitaires au camp contraint certains Wazalendo à se laver dans les ruisseaux situés en contrebas, au vu des passants, y compris des enfants et jeunes filles revenant de l’école. Cette situation génère un malaise social et des plaintes des familles riveraines.
Le climat interne est également préoccupant : les femmes militaires présentes au camp évitent certains déplacements par crainte de violences sexuelles, bien qu’aucun incident n’ait été officiellement signalé.
L’encadrement des Wazalendo est jugé insuffisant, un seul officier supervisant un nombre important de combattants, soulevant des questions sur :
La discipline et la sécurité au sein du camp
Le rôle exact des autorités militaires burundaises
La responsabilité en cas d’incidents
Les Wazalendo rencontrent aussi des difficultés financières, en raison de la non-convertibilité immédiate des francs congolais, ce qui limite leur accès aux biens essentiels et favorise les circuits informels.
Appel à plus de clarté et mesures urgentes
La présence temporaire de ces combattants étrangers, combinée à des infrastructures insuffisantes, nécessite un encadrement renforcé, une amélioration urgente des conditions sanitaires et une communication officielle claire pour protéger surtout les riverains et les enfants.
Contexte régional
Réactivé en 2021, le M23, majoritairement composé de Tutsi congolais, contrôle aujourd’hui plusieurs villes du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, dont Uvira, ainsi que d’autres zones stratégiques riches en minerais.
Kinshasa accuse Kigali de soutenir le mouvement
Le Rwanda dénonce l’appui de la RDC et du Burundi aux FDLR, groupe armé hutu rwandais impliqué dans le génocide des Tutsis en 1994
Ces accusations croisées persistent malgré l’accord de Washington, signé le 4 décembre 2025 sous médiation américaine entre la RDC et le Rwanda, avec le Burundi représenté comme observateur, censé baliser une désescalade régionale.
Kigali continue de nier son soutien aux rebelles malgré le récent rapport des experts onusiens, qualifiés d’« imposteurs » par les autorités rwandaises, confirmant la présence de 5 000 à 7 000 militaires rwandais aux côtés du M23.
Les retombées sécuritaires et humanitaires se font déjà sentir au Burundi voisin, qui a accueilli plus de 70 000 réfugiés congolais depuis début décembre, militaires et miliciens inclus, alors que le passage terrestre d’Uvira est devenu impraticable.
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Photo : des militaires congolais et des miliciens Wazalendo fuient à bord d’un véhicule de l’armée congolaise. Photographie prise à Gatumba, le 11 décembre 2025. © SOS Médias Burundi
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