Nakivale : des réfugiés meurent faute de médecins et de financement

Nakivale : des réfugiés meurent faute de médecins et de financement

SOS Médias Burundi

Nakivale, 14 janvier 2026 – Le seul hôpital de référence du camp de réfugiés de Nakivale en Ouganda a enregistré 12 décès en une semaine, dont neuf enfants de moins de cinq ans, en raison d’un manque criant de personnel médical. Les réfugiés lancent un cri d’alarme face à cette situation dramatique.

Une crise liée à la réduction du personnel

Vers la fin de 2025, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a réduit considérablement le personnel médical dans les hôpitaux de son ressort, dont celui de Nakivale. À Nyarugugu Health Center IV, l’hôpital central de référence du camp récemment rénové et équipé, seuls trois infirmiers sont restés sur les 92 que comptait auparavant l’établissement, alors que plus de 100 patients y sont admis chaque jour.

« Ils sont victimes d’un mauvais accueil et suivi. Le personnel médical n’est pas suffisant, le bloc opératoire a cessé de fonctionner car il n’y a pas de docteurs, et quatre ambulances sont garées car on a un seul chauffeur. Nous nous attendons au pire ! », déplore un volontaire médical travaillant à l’hôpital.

Selon lui, trois infirmiers ne peuvent pas combler le vide laissé par plus de 90 professionnels de santé, et les patients de la pédiatrie, de la maternité et de la pharmacie, elle-même souvent vide de médicaments, sont gravement négligés.

« Comment doivent-ils s’occuper convenablement de tous ces patients ? Impossible. Le HCR nous a sacrifiés », ajoute le volontaire.

Des réfugiés en détresse

Face à cette situation, les réfugiés demandent la réouverture des transferts vers d’autres hôpitaux, comme celui de Mbarara, récemment suspendus, afin de sauver des vies.

Une entrée d’un service de l’hôpital de référence alors en réhabilitation au camp de Nakivale en Ouganda, janvier 2024 ©SOS Médias Burundi
Une entrée d’un service de l’hôpital de référence alors en réhabilitation au camp de Nakivale en Ouganda, janvier 2024 ©SOS Médias Burundi

Le HCR explique que la réduction du personnel est due au manque de financement, notamment la suspension de l’aide américaine qui couvrait plus de 60 % de son budget annuel. L’agence appelle au déblocage de dons pour permettre un fonctionnement correct des hôpitaux à Nakivale et dans d’autres camps.

Une population réfugiée en constante augmentation

Le camp de Nakivale abrite plus de 150 000 réfugiés, dont plus de 33 000 Burundais, confrontés à des conditions de vie difficiles et à des infrastructures sanitaires gravement insuffisantes.

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Photo : Une pancarte indiquant un centre de santé au camp de réfugiés de Nakivale en Ouganda. ©SOS Médias Burundi

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