Nduta (Tanzanie) : MSF accuse les autorités de rapatriements forcés et de graves violations des droits des réfugiés burundais

Nduta (Tanzanie) : MSF accuse les autorités de rapatriements forcés et de graves violations des droits des réfugiés burundais

SOS Médias Burundi

Kigoma, 29 janvier 2026 -L’ONG Médecins Sans Frontières (MSF), active dans le secteur de la santé dans les camps de réfugiés en Tanzanie, tire la sonnette d’alarme sur ce qu’elle qualifie de violations graves des droits fondamentaux des réfugiés burundais dans les camps de Nduta et Nyarugusu, situés dans la région de Kigoma, au nord-ouest de la Tanzanie. Dans son dernier rapport, l’organisation souligne que la démolition des habitations a également entraîné une recrudescence inquiétante des violences contre les mineurs.

MSF a condamné officiellement, ce mercredi, les destructions de camps de réfugiés burundais en Tanzanie. Dans un communiqué rendu public, l’ONG dénonce une violation du droit international ainsi que de la Convention de Genève de 1951 relative à la protection des réfugiés et des demandeurs d’asile.

« Cette situation peut conduire à des poursuites judiciaires, en plus de violer fondamentalement tous les droits des réfugiés. Le HCR devrait saisir les autorités compétentes et alerter sur la violation des droits des personnes qu’il est censé protéger », indique le communiqué.

MSF, qui assure la prise en charge sanitaire dans les camps, s’inquiète également de la destruction des postes de santé. « C’est dommage et condamnable. Un poste de santé doit toujours être protégé, même en temps de guerre. Et nous en avons d’autant plus besoin pour faire face aux maladies liées à cette situation », peut-on lire dans le document.

Par ailleurs, les cas de violences sexuelles se sont multipliés à la suite de ces mesures prises par les autorités tanzaniennes.

« Le rapport de janvier montre que les cas de violences sexuelles ont triplé, et ce qui est alarmant, c’est que 80 % des victimes sont des mineurs de moins de 15 ans », s’alarme MSF.

Les enquêtes menées par l’ONG révèlent que « ces violences sexuelles sont commises dans et aux alentours des zones détruites ».

MSF signale également une hausse sensible des maladies liées au froid, notamment la pneumonie, dans les structures hospitalières.

L’organisation recommande aux réfugiés burundais des camps de Nduta et de Nyarugusu de « ne pas attendre le pire et de s’inscrire pour rentrer afin de protéger leurs enfants ».

Cette déclaration intervient alors que la démolition des camps a pris une nouvelle ampleur depuis le début de cette semaine.

Des tentes de fortune, érigées à la hâte par les réfugiés sur les décombres de leurs anciennes maisons, sont incendiées.

« Ces tentes et huttes nous protégeaient du froid et de la pluie en attendant que les convois soient organisés pour regagner involontairement notre patrie. À ce rythme, nous allons mourir avant même d’être rapatriés de force par le gouvernement qui devrait pourtant nous protéger », témoignent des réfugiés dont les abris ont été brûlés.

La destruction des camps de réfugiés burundais en Tanzanie a débuté au commencement de cette année.

Des réfugiés ont tenté de saisir le HCR, mais le personnel leur aurait répondu qu’ils devaient se conformer aux décisions des autorités tanzaniennes.

L’agence onusienne avait pourtant indiqué ne pas être « du tout satisfaite du traitement des rapatriements » et avait recommandé à la Tanzanie de suspendre les démolitions — un appel resté sans suite.

La semaine dernière, le HCR en Tanzanie a averti qu’il risquait d’être débordé par l’afflux de réfugiés rapatriés, de gré ou de force.

La Tanzanie accueille encore plus de 110 000 réfugiés burundais, dont la majorité a fui la crise politique de 2015 déclenchée par le troisième mandat controversé de feu le président Pierre Nkurunziza.

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Photo : des réfugiés burundais se préparent à embarquer pour le Burundi après la destruction de leurs abris dans le camp. L’ONG Médecins Sans Frontières (MSF) dénonce ces évacuations forcées, soulignant le risque accru pour la santé et la sécurité des populations déjà vulnérables. © DR/SOS Médias Burundi

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