Sud-Kivu : la bataille de Point Zéro ravive le front des Hauts Plateaux
Bukavu, 31 janvier 2026 – Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), appuyées par la Force de défense nationale du Burundi (FDNB) et des miliciens Wazalendo, ont repris ce vendredi le contrôle de la localité stratégique de Point Zéro, dans le territoire de Fizi, au Sud-Kivu. La zone était jusque-là occupée par les combattants du groupe armé Twirwaneho, composé majoritairement de jeunes Banyamulenge.
Selon des sources locales à Minembwe, l’opération militaire a impliqué l’utilisation de drones de combat pour déloger les combattants retranchés dans la zone. Après la reprise de Point Zéro, les affrontements se sont poursuivis ce samedi 31 janvier en direction de Tuwe-Tuwe, avec une progression signalée vers Mikenge.
Des habitants rapportent qu’un drone de l’armée congolaise aurait bombardé le centre commercial de Madegu, faisant trois civils blessés. Une source locale affirme que « l’État congolais et l’armée burundaise chercheraient à déraciner la communauté Banyamulenge des Hauts Plateaux du Sud-Kivu », une accusation qui n’a pas fait l’objet de réaction officielle des autorités concernées.
Face à ces événements, la Mahoro Peace Association, une organisation de droit américain regroupant des membres de la communauté Banyamulenge, a publié un communiqué ce vendredi, condamnant les bombardements de drones menés par les FARDC et dénonçant des attaques visant des civils Banyamulenge.
Le groupe armé Twirwaneho est considéré comme un allié stratégique du M23 dans le Sud-Kivu. Le M23, désormais affilié à l’Alliance Fleuve Congo (AFC), contrôle plusieurs zones stratégiques du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, dont leurs chefs-lieux respectifs, Goma et Bukavu, ainsi que le site minier de Rubaya, l’un des plus importants gisements de coltan au monde, un minerai essentiel pour l’industrie électronique et les nouvelles technologies.
Les autorités congolaises accusent le Rwanda de soutenir le M23. Malgré les démentis répétés de Kigali, un rapport du Groupe d’experts des Nations unies, publié en 2025, a confirmé la présence de 5 000 à 7 000 militaires rwandais aux côtés des rebelles du M23. Les autorités rwandaises ont, de leur côté, qualifié ces experts onusiens d’imposteurs.

En parallèle, Kigali accuse la RDC et le Burundi d’apporter un soutien présumé aux FDLR, un groupe armé hutu rwandais dont certains membres sont accusés d’avoir participé au génocide des Tutsis de 1994.
Entre août 2022 et décembre 2025, le Burundi a déployé plus de 29 000 soldats de la FDNB dans l’est de la RDC pour combattre aux côtés des FARDC et des milices Wazalendo, soutenues par Kinshasa, contre les rebelles du M23.
Pour plusieurs analystes sécuritaires, la reprise de Point Zéro par les FARDC et la FDNB ouvre un nouveau front militaire en direction de Minembwe et Mikenge, deux zones stratégiques des Hauts Plateaux du Sud-Kivu.
Sur le terrain, les affrontements se poursuivent malgré l’accord de Washington, signé le 4 décembre 2025 entre le Rwanda et la RDC sous médiation américaine, illustrant l’échec des initiatives diplomatiques. Le Burundi avait pris part aux discussions en tant qu’observateur, représenté par le président Évariste Ndayishimiye.
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Photo : des femmes de la communauté Banyamulenge manifestent, pancartes à la main, contre le blocus imposé par l’armée burundaise, le 4 novembre 2025.©DR/ SOS Médias Burundi
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