Burundi : une ONG alerte sur la situation des Burundais en Zambie face à une nouvelle vague d’arrestations
SOS Médias Burundi
Bujumbura, 17 février 2026 – Ces dernières années, face au chômage endémique, de nombreux fonctionnaires burundais et jeunes diplômés des humanités générales ou des universités se sont tournés vers l’émigration à la recherche d’opportunités. Dans la sous-région, les Burundais se rendent principalement au Kenya, en Ouganda ou dans des pays d’Afrique australe tels que l’Afrique du Sud, le Malawi, le Mozambique et la Zambie.
En Zambie, le climat est perçu par la majorité des Burundais comme l’un des moins homophobes de la région. Pourtant, des rafles ciblant systématiquement les Rwandais et les Burundais ont été récemment organisées. Les citoyens zambiens reprochent à ces migrants d’occuper massivement les secteurs générateurs de revenus, alimentant ainsi les tensions locales.
L’ONLCT tire la sonnette d’alarme
L’Observatoire National pour la Lutte contre la Criminalité Transnationale (ONLCT) exprime son inquiétude après la multiplication des arrestations de Burundais en situation irrégulière. Dans un communiqué daté du 16 février, l’organisation a alerté sur une récente opération de la police zambienne, menée le 15 février 2026, qui a visé des migrants burundais, y compris dans des lieux de culte. Plusieurs personnes ont été arrêtées, transférées dans différents centres de détention, avant d’être libérées ou rapatriées.
Selon l’ONLCT, cette opération n’est pas un incident isolé : une rafle similaire, le 26 janvier 2026, avait conduit à l’arrestation de 165 étrangers, dont 106 Burundais. Prime Mbarubukeye, représentant légal de l’association, explique que ces arrestations seraient souvent motivées par des jalousies envers les Burundais, reconnus pour leur sérieux et leur réussite professionnelle. « Nos sources sur place indiquent que cette situation trouve ses racines dans une certaine hostilité vis-à-vis de la réussite des Burundais », ajoute-t-il.
Les efforts de l’ambassadrice et l’appel à la diplomatie
Le 10 février dernier, Evelyne Butoyi, ambassadrice du Burundi auprès de la Zambie, de l’Angola, du Malawi et du Zimbabwe, a annoncé sur son compte X (anciennement Twitter) que depuis le 7 février, au moins 270 Burundais avaient été libérés et renvoyés dans leur pays. Après avoir visité l’une des prisons et rencontré les services de migration zambiens, elle a pointé un manque d’informations sur les documents exigés et les procédures d’installation dans un pays étranger, appelant les Burundais à se renseigner avant toute émigration.

L’ONLCT salue les initiatives de l’ambassadrice, mais estime qu’elles doivent être renforcées par une action diplomatique plus robuste des autorités burundaises pour garantir la sécurité des migrants et faciliter leur rapatriement dans les meilleures conditions. L’organisation interpelle également le président burundais, récemment élu à la présidence de l’Union Africaine, afin qu’il défende les droits des Burundais en situation irrégulière et promeuve des solutions diplomatiques durables.
Prévenir le départ irrégulier et le chômage
Dans son communiqué, l’ONLCT rappelle les engagements du président burundais en matière de lutte contre le chômage des jeunes africains. L’organisation plaide pour la création de nouvelles agences de recrutement, sur le modèle de celles existantes pour les femmes et filles vers l’Arabie Saoudite, afin d’offrir aux jeunes hommes burundais des opportunités de travail légal à l’étranger. Selon l’ONLCT, ces mesures pourraient réduire les départs irréguliers et contribuer à atténuer le chômage au Burundi.
Face à ces rafles répétées et aux risques pour les migrants, la protection des Burundais en Zambie s’impose désormais comme un enjeu diplomatique et humanitaire majeur.
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Photo : une scène de refoulement à Lusaka, la capitale zambienne, montrant des sans-papiers, dont plusieurs Burundais, contraints de retourner chez eux. ©DR-SOS Médias Burundi
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