Burundi : intimidation contre la presse, deux journalistes relâchés après deux nuits de détention
SOS Médias Burundi
Bujumbura, 20 février 2026 – Le procureur général près la Cour d’appel de Ntahangwa, dans le nord de la capitale économique Bujumbura, Eraste Ndayiragije, a ordonné ce vendredi la mise en liberté provisoire de deux journalistes de Jimbere Magazine, arrêtés mercredi à Mutanga Nord, en mairie de Bujumbura.
Olivier Manirambona, journaliste, et Aline Niyonizeye, photographe, avaient été interpellés sur leur lieu de travail alors qu’ils exerçaient leurs fonctions. Ils étaient attendus ce vendredi matin pour un procès en flagrance, qui n’a finalement pas eu lieu.
Après avoir entendu le magistrat à l’origine de leur arrestation, le procureur a décidé de les remettre en liberté provisoire et de leur restituer leur matériel de travail. Il a précisé que les enquêtes se poursuivent. Les journalistes auraient été invités à présenter un ordre de mission signé par leur responsable hiérarchique pour éviter toute confusion. Or, la loi sur la presse au Burundi ne comporte aucune disposition imposant un ordre de mission avant de couvrir un événement. Ces dernières années, certains officiels ont parfois refusé aux journalistes de parler à des résidents ou de se rendre dans certaines zones sans une approbation formelle ou un document officiel, renforçant ainsi un climat de contrôle et d’intimidation sur la liberté de la presse.
« Le plus important est qu’ils soient libres », a déclaré le procureur, soulignant qu’ils peuvent désormais regagner leurs familles et poursuivre normalement leurs activités, en attendant la suite de la procédure.

Olivier Manirambona, journaliste à Jimbere Magazine, libéré provisoirement après deux nuits de détention au cachot de Ngagara. © DR/SOS Médias Burundi
Deux nuits de détention et une poursuite pour rébellion
Selon l’ordonnance de mise en liberté provisoire, ils avaient passé deux nuits en détention dans le cachot de la zone Ngagara, dans la commune Ntahangwa, et sont poursuivis pour rébellion. Aline Niyonizeye est une mère allaitante qui a été séparée de son enfant pendant plus de deux jours, provoquant l’indignation des familles et des organisations de défense des droits humains. Malgré leur remise en liberté, ils sont tenus de comparaître devant le tribunal chaque vendredi, jusqu’à nouvel ordre.
Réactions de la presse
Cette arrestation suscite une vive réaction parmi les journalistes. Plusieurs dénoncent une interpellation arbitraire et y voient une forme d’intimidation visant la presse.
Ils rappellent que la loi sur la presse garantit la liberté d’exercice du métier de journaliste sur l’ensemble du territoire national et estiment que de telles interpellations fragilisent la liberté de la presse au Burundi.
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Photo : Aline Niyonizeye, la cadreuse de Jimbere Magazine et mère allaitante, libérée provisoirement après avoir été séparée de son enfant pendant plus de deux jours. © DR/SOS Médias Burundi
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