Rumonge : dix personnes condamnées après des troubles alimentés par des rumeurs de trafic d’organes
SOS Médias Burundi
Rumonge, 9 mars 2026 – Dix personnes arrêtées dans les zones de Kigwena et Rumonge, en commune de Rumonge, province de Burunga dans le sud du Burundi, ont été condamnées dimanche soir par le Tribunal de grande instance de Rumonge. Elles étaient poursuivies notamment pour propagation de rumeurs alarmantes, rébellion, coups et blessures ainsi qu’outrage aux forces de l’ordre.
Le Tribunal de grande instance de Rumonge, siégeant en matière de flagrance, a rendu son verdict dans l’affaire concernant dix personnes interpellées samedi 7 mars à la suite de troubles provoqués par des accusations liées à un supposé trafic d’organes humains.
Les prévenus, originaires des zones de Kigwena et Rumonge, dans la commune de Rumonge, province de Burunga, ont écopé de différentes peines. Certains ont été condamnés à des peines allant de trois à six mois d’emprisonnement assorties d’une amende de 100 000 francs burundais. D’autres ont été condamnés à une peine d’un an de prison, dont six mois fermes, ainsi qu’au paiement d’une indemnité de 300 000 francs burundais au profit de la personne diffamée.
Les chefs d’accusation retenus comprennent notamment la propagation de rumeurs et d’informations de nature à inquiéter la population, la diffamation, la rébellion, les coups et blessures, ainsi que l’injure et l’outrage envers des agents chargés de la sécurité dans l’exercice de leurs fonctions.
Des tensions provoquées par des accusations de trafic d’organes
Les dix personnes avaient été arrêtées à la suite d’une agitation survenue samedi 7 mars, alimentée par des accusations mutuelles selon lesquelles certaines personnes auraient été impliquées dans le prélèvement ou le vol d’organes humains.
Selon plusieurs témoins, des rumeurs circulaient dans la localité accusant certaines personnes d’avoir « volé » les organes génitaux d’autres habitants, ce qui a provoqué une vive agitation au chef-lieu de la zone Kigwena.
D’après le ministère public, ces rumeurs ont rapidement dégénéré en violences, certaines personnes s’en prenant aux présumées victimes. Dans son réquisitoire, le parquet a estimé que la propagation de telles rumeurs infondées était de nature à perturber gravement l’ordre public et à semer la panique au sein de la population.
La police est intervenue pour disperser la foule qui tentait de se faire justice elle-même. Les forces de l’ordre ont dû recourir à la force pour maîtriser la situation.
Au cours des échauffourées, quatre personnes ont été blessées, dont une grièvement. Selon des sources médicales, cette dernière est actuellement hospitalisée à l’hôpital de Rumonge.
Au cours de l’audience, les accusés ont tous sollicité la clémence du tribunal.
Après mise en délibéré, le verdict a été rendu public vers 19 heures dimanche. Les dix condamnés ont été immédiatement conduits à la prison centrale de Rumonge, dite Murembwe.
Le porte-parole de la police a mis en garde toute personne qui continuerait à répandre des rumeurs selon lesquelles certains individus seraient victimes de prélèvements d’organes sexuels. Selon lui, de tels propos risquent d’attiser la panique au sein de la population et leurs auteurs seront désormais considérés comme des fauteurs de troubles et poursuivis conformément à la loi.
La semaine dernière déjà, de telles rumeurs avaient circulé dans la zone Buyenzi, dans la capitale économique Bujumbura, provoquant également des tensions dans certains quartiers.
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Photo : Des habitants de Rumonge assistent au procès des dix personnes condamnées, le 8 mars 2026, au tribunal de Rumonge. © SOS Médias Burundi
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