Burundi : malgré un budget colossal, les écoles peinent à équiper les élèves en bancs-pupitres
SOS Médias Burundi
Bujumbura, 16 mars 2026 – Plusieurs écoles primaires à travers le Burundi font face à un manque criant de bancs-pupitres, obligeant certains élèves à suivre les cours assis à même le sol. Cette situation persiste malgré l’annonce par le gouvernement d’un budget de 18 milliards de francs burundais pour résoudre le problème avant la rentrée scolaire 2025-2026.
Dans la commune de Muramvya, en province de Gitega dans le centre du pays, les écoles ont besoin d’environ 3 000 bancs-pupitres pour l’année scolaire en cours. Mais selon la direction communale de l’éducation, le budget disponible ne permettra d’en fabriquer que 550, soit une quantité très inférieure aux besoins.
Cette insuffisance oblige les élèves à partager les places. Dans plusieurs classes, quatre à six élèves s’assoient sur un banc conçu pour deux apprenants, ce qui nuit aux conditions d’apprentissage.
Situation similaire dans d’autres communes
Dans la commune de Gitega, les besoins sont estimés à 15 000 bancs-pupitres, alors que le budget prévu ne permettra d’en produire que 660, selon un responsable scolaire ayant requis l’anonymat.
La même situation est observée dans la commune de Kiganda, également en province de Gitega, où 3 750 bancs-pupitres sont nécessaires alors que 400 seulement pourront être fabriqués.
Des élèves parfois assis à même le sol
Dans la province de Butanyerera, au nord de la petite nation de l’Afrique de l’Est, les besoins globaux sont évalués à 65 777 bancs-pupitres, dont 7 837 pour la commune scolaire de Kayanza, selon un cadre de la direction provinciale de l’éducation.
Le président du Conseil national du personnel de l’enseignement secondaire (CONAPES), l’un des syndicats des enseignants, alerte que dans certaines écoles des élèves suivent les cours assis à même le sol, malgré l’engagement du gouvernement de lutter contre le phénomène de « l’enfant mal assis en classe ».

Des élèves assis à même le sol dans une salle de classe surpeuplée, faute de bancs disponibles, province de Bujumbura, mars 2026. © SOS Médias Burundi
Colère des parents et inquiétude des experts
Les parents dénoncent les mauvaises conditions d’apprentissage et demandent aux autorités éducatives de trouver rapidement une solution afin que la campagne « Zéro enfant mal assis en classe » devienne une réalité.
Des experts en éducation estiment que le manque de bancs-pupitres affecte la santé physique et mentale des apprenants, tout en compromettant leurs performances scolaires.
Une question qui persiste
Au début de l’année scolaire 2025-2026, le ministre de l’Éducation François Havyarimana avait annoncé que toutes les écoles disposeraient de bancs-pupitres suffisants et en bon état.
Face à la situation actuelle, parents et enseignants s’interrogent : où sont passés les 18 milliards de francs burundais destinés à la fabrication des bancs-pupitres ?
Sans une action rapide des autorités, le phénomène de l’enfant mal assis en classe continuera de fragiliser la scolarité et l’avenir de milliers d’élèves à travers la petite nation de l’Afrique de l’Est.
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Photo : Deux institutrices dans une classe très bondée à l’école fondamentale Karurama I, commune de Cibitoke, septembre 2025 © SOS Médias Burundi
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