Ruyigi : le retard au service chez les enseignants vaut l’incarcération

Ruyigi : le retard au service chez les enseignants vaut l’incarcération

Sept enseignants des écoles qui se trouvent dans la province de Ruyigi (est du Burundi) ont été interpellés le 17 et le 21 novembre puis conduits dans les cachots du commissariat provincial de la police par le directeur provincial de l’enseignement. Ils ont été libérés le même jour. À l’origine de l’affaire, le retard au service.
Les syndicats des enseignants s’insurgent contre ces arrestations. Ils exigent l’application du code de travail en cas de manquements.
(SOS Médias Burundi)

Aline Niyimbona, enseignante à l’école fondementale de Kirangara, Dieudonné Nzisabira enseignant au centre d’enseignement des métiers de Nyakiga, Agnès Niyongere enseignante au lycée communal de Kirangara (commune de Butaganzwa) et Evelyne, enseignante à l’école fondamentale de Rutimbura dans la commune de Ruyigi ont été retenus durant plusieurs heures dans les cachots du commissariat provincial de la police.

À l’origine de l’affaire: le retard au service. Le directeur provincial de l’enseignement à Ruyigi Onesphore Nsabiyumva a ordonné leur interpellation. C’est lui-même qui les a conduits à bord de son véhicule dans les cachots du commissariat.

Trois autres éducateurs à savoir Chantal Sinafasi, encadreuse au lycée communal de Kirangara, Judith Sinzinkayo enseignante à l’école fondamentale de Kirangara et Régine, enseignante à l’école fondamentale de Kigamba (commune de Ruyigi) ont également été victimes de cette pratique du directeur provincial de l’enseignement à Ruyigi. C’était le 21 novembre.

La police locale a trouvé » non fondée » cette détention et a décidé de libérer les détenus.

Le directeur provincial de l’enseignement à Ruyigi Onesphore Nsabiyumva dément ces informations et parle de rumeurs sans fondement. Toutefois, il affirme « avoir gardé ces enseignants à la cour interieure de son bureau jusqu’à 15 h suite aux retards répétitifs à leur poste d’attache ».

Le représentant provincial de la coalition spéciale des syndicats des enseignants pour la solidarité nationale (Cossessona) Gilbert Kwizera s’insurge contre cette pratique et demande au directeur provincial de l’enseignement d’appliquer le code du travail et non de « se substituer à un procureur ».

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Photo d’illustration : une place publique au chef-lieu de la province de Ruyigi

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