Pénurie de fertilisants : les agriculteurs de Bururi et Matana en difficulté durant la saison culturale B
SOS Médias Burundi
Bururi, 24 mars 2026 — Les agriculteurs des communes de Bururi et Matana, dans la province de Burunga au sud de la petite nation de l’Afrique de l’Est, font face à une pénurie préoccupante de fertilisants au cours de la saison culturale B. Cette situation compromet sérieusement les activités agricoles et suscite une vive inquiétude au sein de la population rurale.
Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, les quantités de fertilisants distribuées, notamment les types FOMI Imbura et FOMI Bagara, restent largement insuffisantes par rapport à la demande. Cette carence est particulièrement ressentie lors de la deuxième tranche de distribution, où de nombreux exploitants agricoles affirment ne pas avoir été servis.
Les autorités administratives expliquent que la priorité a été accordée aux agriculteurs ayant accumulé des arriérés. Toutefois, des responsables locaux dans les zones de Kajondi, Muzenga, Bururi, Bamba et Nyagasasa contestent cette version. Ils indiquent qu’un grand nombre d’agriculteurs, y compris parmi les anciens bénéficiaires, n’ont pas reçu les fertilisants attendus.
D’après leurs estimations, il faudrait au moins 3 000 sacs de fertilisants de type FOMI Imbura pour apurer les arriérés. Quant aux nouveaux demandeurs, ils restent dans l’attente, sans aucune visibilité sur une éventuelle distribution.
À cette situation s’ajoute le manque criant d’autres intrants agricoles essentiels, tels que la chaux et l’urée, aggravant davantage les difficultés rencontrées par les cultivateurs. Beaucoup redoutent désormais que la saison culturale B s’achève sans qu’ils n’aient pu accéder aux intrants nécessaires, compromettant ainsi les rendements agricoles.
Face à cette crise, certaines autorités locales tentent de rassurer la population en promettant une résolution prochaine du problème. Cependant, ces assurances peinent à convaincre une partie des agriculteurs, qui commencent à perdre espoir.
Au cœur des critiques figure l’entreprise FOMI (Fertilisants Organo-Minéraux Industriels), qui détient le monopole de la production des fertilisants au Burundi. Bien qu’elle bénéficie d’avances financières sous couvert du gouvernement, elle est accusée par plusieurs observateurs de ne pas honorer ses engagements en matière d’approvisionnement.

Cette crise survient dans un contexte où le respect du calendrier agricole est crucial. Au Burundi, les semis de la saison B s’étendent généralement du début février au 15 mars. Au-delà de cette période, les cultures risquent de voir leur phase de maturation coïncider avec le début de la saison sèche (saison C), entraînant un déficit hydrique avant la maturité et, par conséquent, une perte importante de rendement.
Selon le directeur général de FOMI, Simon Ntirampeba, et son adjoint, le retard s’explique principalement par le manque de devises étrangères nécessaires à l’importation des matières premières indispensables à la fabrication des engrais. À cela s’ajoutent les coupures fréquentes d’électricité et l’insuffisance de carburant, dans un contexte de crise énergétique persistante depuis plusieurs années. L’usine fait également face à une dette colossale de plus de 368 millions de dollars, contractée pour maintenir la production et répondre à la demande nationale.
Dans plusieurs autres communes de la petite nation de l’Afrique de l’Est, les cultivateurs dénoncent des quantités insuffisantes d’engrais, des retards répétés, une distribution partielle ou inéquitable, ainsi que des livraisons intervenant parfois plusieurs mois après la saison culturale concernée. Ces manquements ont des conséquences directes sur les récoltes et accentuent l’insécurité alimentaire à l’échelle nationale.
Les cas de Bururi et Matana ne sont pas isolés et reflètent un problème plus large touchant plusieurs provinces, où l’accès aux intrants agricoles essentiels reste un défi majeur pour les cultivateurs.
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Photo : des agriculteurs rassemblés autour d’un point de distribution d’engrais insuffisants dans une localité de la province de Burunga, au sud du Burundi.© SOS Médias Burundi
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