Journée mondiale de la santé : l’ONG locale PARCEM tire la sonnette d’alarme sur le système sanitaire burundais
SOS Médias Burundi
Bujumbura, 9 avril 2026 — À l’occasion de la Journée mondiale de la santé, célébrée chaque 7 avril, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) appelle à renforcer la collaboration scientifique pour relever les défis sanitaires mondiaux. Au Burundi, cette journée met en lumière les profondes fragilités du système de santé, dénoncées par plusieurs acteurs de la société civile, dont l’ONG PARCEM.
Le thème retenu pour l’édition 2026, « Unissons-nous pour la santé et soutenons la science », insiste sur la nécessité de transformer les connaissances scientifiques en actions concrètes pour sauver des vies et garantir un avenir plus sain.
Un système sanitaire sous pression
À cette occasion, Faustin Ndikumana, représentant légal de l’ONG locale PARCEM (Parole et Actions pour le Réveil des Consciences et l’Évaluation des Mentalités), dresse un constat alarmant :
« La situation du secteur de la santé est inquiétante lorsqu’on en fait un état des lieux. Les structures sanitaires ne respectent pas les normes, l’accès aux médicaments reste limité et les prestataires de soins manquent de motivation. »
L’organisation souligne plusieurs indicateurs préoccupants :
Résurgence du choléra, pourtant déclaré éradiqué il y a trois ans ;
Près de 5 millions de cas de paludisme avec environ 600 décès par an ;
Environ 1 500 cas de tuberculose ;
Une progression des maladies chroniques comme le diabète, l’hypertension et le cancer.
Une gouvernance et un système à bout de souffle
L’ONG, qui milite pour la bonne gouvernance, pointe également de nombreux dysfonctionnements :
Non-respect des normes sanitaires ;
Rareté des médicaments dans les structures publiques ;
Vente illicite de produits pharmaceutiques ;
Difficultés d’accès aux soins pour les fonctionnaires ;
Inefficacité de la carte d’assurance maladie, liée aux dettes de l’État depuis 2005.
« Les Burundais paient le prix d’un système en panne, où les ressources ne sont pas utilisées efficacement », dénonce la PARCEM.
La réalité de l’exode du personnel de santé est devenue difficile à ignorer. Selon l’Ordre des Médecins du Burundi, plus de 300 médecins auraient quitté le pays au cours des cinq dernières années, principalement vers le Rwanda, le Kenya et l’Europe.
Dans certaines provinces, un seul médecin couvre parfois plus de 100.000 habitants, une situation qui met gravement en péril l’accès aux soins de base.
Cette pénurie est aggravée par :
le non-respect des normes de l’OMS (un médecin pour 1 000 habitants) ;
les retards de paiement pour les professionnels de santé ;
des conditions de travail jugées difficiles.
Des infrastructures et équipements insuffisants
Sur le plan matériel, plusieurs défis persistent :
Hôpitaux et centres de santé nécessitant une réhabilitation urgente ;
Infrastructures construites sans respecter les standards ;
Manque de carburant entravant le transport des malades ;
Insuffisance de chambres froides pour la conservation des médicaments ;
Équipements de laboratoire rares ou défectueux.
Un appel à des réformes urgentes
La PARCEM appelle le gouvernement burundais à une gestion transparente et efficace des ressources, notamment les 156 millions de dollars débloqués par le gouvernement américain pour le secteur de la santé.
Dans un contexte où la communauté internationale insiste sur la coopération scientifique pour faire face aux défis sanitaires, la situation du Burundi met en évidence l’urgence de réformes structurelles profondes et d’une gouvernance rigoureuse.
« Il est impératif que des mesures concrètes soient prises pour garantir un accès équitable aux soins pour tous », conclut Faustin Ndikumana.
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