Ebola aux portes du Burundi : vigilance maximale aux frontières, relâchement dans la population

Ebola aux portes du Burundi : vigilance maximale aux frontières, relâchement dans la population

SOS Médias Burundi

Gatumba, 1er juin 2026 – Face à la menace de l’épidémie à virus Ebola qui sévit dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), les autorités burundaises renforcent les dispositifs de surveillance aux frontières afin d’éviter toute introduction de la maladie sur le territoire national. Malgré cette mobilisation officielle, les comportements observés au sein de la population montrent encore un faible niveau d’adhésion aux mesures de prévention.

Samedi, le ministre de la Santé publique et de la Lutte contre le sida, Dr Fidèle Nkezabahizi, accompagné de partenaires techniques et financiers, s’est rendu au poste frontalier de Gatumba, principal point de passage entre le Burundi et la RDC. Cette visite s’inscrivait dans le cadre de l’évaluation du dispositif de surveillance sanitaire mis en place face à la recrudescence des cas d’Ebola dans la province congolaise de l’Ituri, où les autorités sanitaires font état de plusieurs cas confirmés et de dizaines de cas suspects en cours d’investigation, avec une surveillance renforcée de centaines de contacts identifiés.

À l’issue de cette descente, le ministre s’est voulu rassurant sur les capacités nationales de réponse.

« Il y a des équipements et des ressources humaines disponibles », a-t-il déclaré, tout en appelant à maintenir un haut niveau de vigilance.

Il a insisté sur la nécessité de renforcer les contrôles aux frontières et la collaboration entre les services sanitaires et les forces de sécurité, afin d’empêcher tout passage non contrôlé de voyageurs susceptibles d’échapper au dépistage. Selon les services sanitaires, plusieurs points d’entrée officiels sont actuellement actifs et équipés de dispositifs de contrôle sanitaire, notamment pour la prise de température et le tri des voyageurs.

Selon les autorités, les mesures renforcées concernent l’ensemble des principaux postes frontaliers avec la RDC, avec des équipes sanitaires présentes en permanence et des opérations de sensibilisation touchant des milliers de personnes chaque semaine dans les zones frontalières.

Cependant, les constats faits sur le terrain révèlent un décalage important entre les messages de prévention et les pratiques quotidiennes. Dans plusieurs espaces publics, les gestes barrières sont peu visibles, voire inexistants.

Même dans certains établissements sanitaires de Bujumbura, plus grande ville du Burundi et située à quelques kilomètres seulement de la frontière congolaise, le lavage systématique des mains n’est pas toujours respecté. Dans les marchés, gares routières, lieux de culte et cérémonies familiales, les contacts physiques restent fréquents.

Les poignées de main, les accolades et le partage d’objets à usage commun demeurent des habitudes largement ancrées, malgré les recommandations des autorités sanitaires. Le port de protections individuelles reste également très limité dans les espaces publics.

Cette situation suscite des inquiétudes parmi les professionnels de santé, qui redoutent qu’un cas importé puisse entraîner une propagation rapide si les comportements ne changent pas.

Le Burundi figure parmi les pays considérés à haut risque, en raison de sa proximité géographique avec les zones touchées en RDC et de l’intensité des échanges humains et commerciaux entre les deux pays.

Les autorités sanitaires rappellent que la prévention reste le moyen le plus efficace pour éviter l’apparition de cas sur le territoire national. Elles appellent la population à respecter strictement les mesures recommandées, notamment le lavage régulier des mains, l’évitement des contacts à risque et l’application des consignes aux points d’entrée.

Pendant ce temps, la riposte se poursuit en République démocratique du Congo. Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, s’est rendu récemment dans la province de l’Ituri, épicentre de l’épidémie actuelle.

Au cours de sa visite, il a rencontré les autorités sanitaires locales et les équipes engagées dans la riposte. Il a salué les efforts déployés sur le terrain et appelé à un renforcement de la coopération internationale pour contenir rapidement l’épidémie.

Selon l’OMS, la situation en Ituri nécessite une mobilisation urgente afin d’éviter toute extension vers les pays voisins, dont le Burundi, déjà en état de vigilance renforcée.

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Photo : Des agents de santé testent des voyageurs à la frontière entre le Burundi et la République démocratique du Congo, à Gatumba. Les autorités burundaises ont renforcé la surveillance sanitaire dans les principaux points d’entrée du pays afin de prévenir toute introduction de maladies épidémiques, notamment Ebola. © SOS Médias Burundi

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