Kiremba : la récolte de haricots s’effondre, les agriculteurs tirent la sonnette d’alarme

Kiremba : la récolte de haricots s’effondre, les agriculteurs tirent la sonnette d’alarme

Kiremba, 9 juin 2026 – Les agriculteurs de la commune de Kiremba, dans la province de Butanyerera au nord du Burundi, dressent un bilan préoccupant de la campagne agricole de la saison B 2026. La récolte de haricots, principale culture vivrière de la commune, est jugée nettement inférieure à celle des années précédentes.

Alors que le mois de juin marque habituellement la période de battage et de stockage, les champs présentent un visage peu productif. La production est décrite comme « faible » et « décevante » par la majorité des exploitants rencontrés.

Les producteurs attribuent cette baisse de rendement principalement au manque d’engrais, notamment ceux qui devaient être fournis par l’entreprise FOMI (Fertilisants Organo-Minéraux Industriels).

Des intrants agricoles insuffisants

Selon plusieurs cultivateurs rencontrés dans différentes collines de la commune, les difficultés ont commencé après deux saisons consécutives marquées par une distribution insuffisante d’intrants agricoles.

Cette situation a fortement affecté les rendements agricoles. De nombreux producteurs, dépourvus d’alternatives telles que les engrais organiques ou les engrais minéraux vendus à des prix élevés sur le marché, ont vu leurs récoltes chuter de manière significative.

« Habituellement, dans mon champ, je récolte environ 300 kilogrammes de haricots à chaque saison. Cette année, je n’ai obtenu que 150 kilogrammes. La différence est énorme et cela aura un impact direct sur les revenus de ma famille », témoigne Nikwigize, agriculteur à Kiremba.

Une hausse des prix sur les marchés

Dans la zone de Musasa, les cultivateurs partagent le même constat. La baisse de la production commence déjà à se répercuter sur les prix du marché.

« La production a beaucoup diminué cette année. Normalement, pendant la période des récoltes, les prix baissent grâce à l’abondance des produits. Mais aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Un kilogramme de haricots se vend actuellement à 2 500 francs burundais alors qu’au moment des récoltes, même les variétés très appréciées comme le Kinure coûtaient autour de 1 800 francs. Cette hausse est la conséquence directe de la faible production observée dans plusieurs collines », explique Ntakarutimana.

Inquiétudes sur la sécurité alimentaire

Face à cette situation, les agriculteurs craignent une détérioration de leurs conditions de vie ainsi qu’une hausse continue des prix des denrées alimentaires. Ils estiment que l’accès aux engrais demeure un facteur clé pour améliorer la productivité agricole et garantir la sécurité alimentaire dans la commune.

Appel aux autorités et partenaires

Les producteurs lancent un appel au gouvernement ainsi qu’aux partenaires intervenant dans le secteur agricole afin que les engrais soient disponibles à temps avant le début des prochaines saisons culturales.

Selon eux, une meilleure planification de la distribution des intrants agricoles permettrait d’éviter les pertes de rendement enregistrées cette année et de renforcer la résilience des ménages agricoles.

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Photo : Des agriculteurs de la commune de Kiremba, en province de Butanyerera au nord du Burundi, alertent sur l’effondrement de la récolte de haricots lors de la saison B 2026, qu’ils attribuent notamment au manque d’engrais de l’entreprise FOMI. La baisse de production commence déjà à entraîner une hausse des prix sur les marchés locaux et suscite des inquiétudes sur la sécurité alimentaire des ménages. © SOS Médias Burundi

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