Burundi : la faim aux portes de 150 000 réfugiés congolais après la réduction de l’aide du PAM
SOS Médias Burundi
Bujumbura, 20 juillet 2026 – La menace d’une crise alimentaire plane sur près de 150 000 réfugiés congolais vivant au Burundi après l’annonce d’une réduction importante de l’assistance alimentaire du Programme alimentaire mondial (PAM), faute de financements suffisants. Sans nouvelles contributions des bailleurs, l’aide pourrait être totalement suspendue dès septembre 2026.
Dans une correspondance adressée à l’Office national pour la protection des réfugiés et des apatrides (ONPRA), datée du 8 juillet 2026, le PAM indique faire face à une grave insuffisance de ressources financières qui affecte ses opérations d’assistance aux réfugiés.
En partenariat avec le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) et d’autres acteurs humanitaires, le PAM fournit chaque mois une assistance alimentaire sous forme de vivres, d’argent ou d’un système hybride à environ 150 000 réfugiés congolais installés dans les camps, sites et centres de transit du Burundi.
Mais depuis le deuxième trimestre de 2026, l’organisation fait état d’une baisse importante des financements. Malgré les efforts engagés pour mobiliser de nouvelles ressources et diversifier les sources de financement, plusieurs promesses des bailleurs tardent à se concrétiser.

Face à cette situation, le PAM annonce qu’à partir du mois d’août 2026, les bénéficiaires ne recevront plus que 40 % de leur ration alimentaire habituelle. En l’absence de nouveaux financements, l’assistance alimentaire pourrait être complètement arrêtée dès septembre.
« Nous ne savons pas de quoi nous allons manger demain »
Dans les camps de réfugiés, l’annonce suscite de vives inquiétudes. Plusieurs familles redoutent une aggravation de leurs conditions de vie dans un contexte marqué par la hausse des prix des produits alimentaires.
« Nous dépendons entièrement de cette assistance. Avec seulement 40 % des rations, il sera très difficile de nourrir nos enfants. Nous ne savons pas comment nous allons survivre si l’aide s’arrête complètement », confie Solange, une réfugiée congolaise vivant au camp de Musasa, dans le nord du Burundi.
Même inquiétude pour Marie, une autre réfugiée. « Nous avons déjà du mal à joindre les deux bouts. Les prix des denrées alimentaires augmentent chaque jour et nous n’avons aucune autre source de revenus. Une suspension de l’aide signifierait la faim pour de nombreuses familles », témoigne-t-elle.
Le PAM reconnaît que cette réduction de l’assistance aura des conséquences négatives sur des ménages déjà fragilisés. L’organisation appelle les autorités burundaises ainsi que les partenaires concernés à sensibiliser les bénéficiaires sur cette situation exceptionnelle.
L’agence onusienne affirme toutefois poursuivre ses démarches auprès des bailleurs afin de mobiliser des ressources supplémentaires et de rétablir les rations complètes dès que les conditions financières le permettront.

Des femmes et enfants réfugiés au camp de Busuma, à la recherche d’eau dans une zone très accidentée située loin du camp. Les mauvaises conditions de vie poussent plusieurs réfugiés à tenter un retour vers la RDC, s’exposant à de grands risques et à l’emprisonnement. © SOS Médias Burundi
Pour l’heure, la sécurité alimentaire de 150 000 réfugiés congolais au Burundi dépend des décisions de financement attendues dans les prochaines semaines.
Le Burundi accueille actuellement plus de 180 000 réfugiés. Parmi eux, environ 150 000 vivent dans des camps, sites et centres de transit où ils bénéficient d’une assistance alimentaire. Les autres, installés en milieu urbain, principalement à Bujumbura, la capitale économique, et à Rumonge, la ville portuaire du sud-ouest, ne reçoivent aucune assistance alimentaire du Programme alimentaire mondial (PAM).
_____________________________________________
Photo : Des réfugiés congolais, dont des enfants, accueillis dans un camp de police à Gatumba, à l’ouest du Burundi. Une altercation entre des réfugiés tentant de sortir et les forces de police a fait au moins un mort la semaine dernière. © SOS Médias Burundi
You might also like
Dzaleka (Malawi) : vers la fermeture du camp des réfugiés
Le camp des réfugiés de Dzaleka au Malawi est sur le point de fermer. Tous les réfugiés seront délocalisés vers le nouveau camp de Lowani au sud du Malawi. Le
Mahama (Rwanda) : la communauté congolaise a commémoré « le génocide » commis contre les « Tutsis »
Les réfugiés congolais au Rwanda se sont souvenus ce jeudi des tueries qui ont été commises contre leur communauté des « Tutsis » depuis plus de 20 ans. Ils parlent
Kakuma (Kenya) : un réfugié soudanais assassiné dans des circonstances macabres
SOS Médias Burundi Kakuma, 20 août 2025- La mort suspecte d’un réfugié soudanais au camp de Kakuma au Kenya suscite l’indignation. La découverte macabre a eu lieu ce mardi 19
