Dzaleka (Malawi) : Plusieurs interpellations après un sit -in des réfugiés
Plusieurs réfugiés du camp de Dzaleka au Malawi ont protesté contre une distribution des tentes ce mardi. Ils estiment qu’il y a eu une mauvaise gestion et distribution de ces tentes qui vont servir de toiture temporaire en saison pluvieuse qui s’annonce au Malawi.Les faits se sont déroulés ce mardi matin au camp de réfugiés de Dzaleka. (SOS Médias Burundi)
Des agents du HCR et d’autres organisations humanitaires s’apprêtaient à la distribution des tentes quand l’incident s’est produit.
Un recensement préalable avait d’ailleurs eu lieu, il y a deux mois. Mais, le jour J, des réfugiés disent que certains d’entre eux ne se sont pas retrouvés sur les listes, d’où la bagarre.
« Une dizaine de réfugiés n’ont pas vu leur nom sur la liste pré-établie. Alors, leurs chefs de ménage ont réclamé, montrant que leurs maisons sont sur le point de s’effondrer, ce qui est vrai. Les agents leur ont demandé de s’adresser au bureau central. Pas de réponse et du coup, ils ont élevé la voix. D’autres ont trouvé les réclamations fondées, et le mouvement a pris une autre allure », expliquent des réfugiés burundais qui ont assisté à la scène.
La police est intervenue, en vain.
« Quand la police est venue, elle n’a même pas demandé ce qui se passait et a brutalisé tout le monde. En colère, les réfugiés lésés et d’ailleurs tout le monde ont lancé des pierres aux policiers. Ces derniers ont dû utiliser des grenades à gaz lacrymogène pour disperser la foule », indiquent-ils.
Plus d’une vingtaine de réfugiés ont été arrêtés, accusés d’être des promoteurs, ce qui a aggravé la situation.
« Du coup, les autres réfugiés sont sortis du camp et ont barricadé la route principale qui passe par le camp. Ils ont aussi brûlé des pneus et tout ce qui pouvait prendre feu. En fait ici, tout le monde est mécontent, car un grand nombre de gens ont été rayés de la liste de ceux qui reçoivent de la nourriture, voilà ce qui a aggravé la situation », souligne un leader communautaire.
Des véhicules des ONGs ont été aussi touchés par des pierres lancées par des réfugiés en colère.
Les réfugiés craignent le pire
« C’est la deuxième fois que les réfugiés manifestent leur mécontentement en moins d’un mois. La fois passée, c’est un véhicule du PAM qui avait été pris en otage. Nous craignons que le camp peut être fermé ou divisé en deux parties ou encore qu’il y ait de punitions sévères par exemple la réduction de la ration alimentaire », regrettent-ils.
Cependant, ils demandent au HCR de constater « les faits qui résultent de son inaction et qui témoignent d’une indignation totale » des réfugiés.
Vers la soirée une réunion de gestion de crise a été organisée et tous les responsables des réfugiés et des agences humanitaires au camp de Dzaleka y ont été conviés.
L’administration du camp et le HCR tranquillisent mais rassurent que des mesures conséquentes doivent être prises soit du côté des agences humanitaires sur les conditions de gestion des réfugiés soit du côté des réfugiés pour décourager tout mouvement de désordre.
Le camp de Dzaleka abrite environ 52 mille réfugiés dont 11 mille Burundais.
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Photo : un véhicule d’une ONG endommagé par des réfugiés au camp de Dzaleka
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