Nyarugusu (Tanzanie) : un hôpital fermé, des réfugiés burundais saisissent le HCR
SOS Médias Burundi
Nyarugusu, 11 septembre 2025 – L’ONG Medical Team International a fermé l’un de ses hôpitaux dans le camp de réfugiés de Nyarugusu, en Tanzanie, une décision qui suscite colère et désespoir parmi les réfugiés burundais. Cet hôpital, situé dans la zone 10, servait principalement des enfants de moins de cinq ans et des femmes enceintes, représentant une catégorie particulièrement vulnérable.
Une fermeture qui frappe les plus vulnérables
Le camp de Nyarugusu abrite plus de 110.000 réfugiés, dont plus de 50.000 Burundais selon le HCR. Pour les bénéficiaires de cette structure médicale, sa fermeture est un véritable coup dur :
« Ils viennent de frapper fort car l’hôpital servait de poumons pour nous, car ce sont essentiellement des enfants de moins de cinq ans et des femmes enceintes qui s’y faisaient soigner », déplorent des leaders burundais.
Il s’agit du quatrième hôpital fermé en l’espace d’un an, après ceux des zones 9 et 11, toujours du côté des réfugiés burundais.
« Un seul reste dans la zone 8. Croyez-vous qu’il va suffire pour servir une population de plus de 50.000 ? Je n’y crois pas ! », s’inquiète un volontaire médical burundais, pointant une inégalité avec les réfugiés congolais : « S’il faut réduire le personnel médical ou des hôpitaux, ce sont toujours des Burundais qui en sont victimes alors que nos frères congolais se la coulent douce. »
Le HCR saisi des doléances
La mauvaise nouvelle est tombée le week-end dernier, quelques heures avant la visite de l’assistante du haut commissaire aux réfugiés, chargée de la protection, à Genève. Madame Ruvendrini Menikdiwela est arrivée en Tanzanie lundi pour visiter le camp de Nyarugusu le lendemain.
Les leaders des réfugiés burundais ont profité de cette visite pour lui remettre un document détaillant leurs doléances :
« Nous avions décrit tout le calvaire que nous endurons ici au camp, des violations de nos droits, des menaces sur le rapatriement forcé, des décisions injustifiées de fermetures des hôpitaux et écoles, des disparitions forcées, des arrestations arbitraires… », explique un signataire.
Cependant, lors de sa prise de parole, la représentante du HCR n’a fait aucune mention de ces doléances.
« Rien de surprenant ! L’essentiel est que nous avons fait notre devoir de lancer la sonnette d’alarme. Le HCR ne dira pas qu’il avait été informé », réagissent les réfugiés.
Réunion avec les autorités tanzaniennes
Madame Menikdiwela a rencontré des représentants des réfugiés et des autorités tanzaniennes.
« J’ai eu une réunion productive avec le secrétaire permanent adjoint au ministère en charge des réfugiés. Nous avons discuté des moyens de faire face à la situation prolongée des réfugiés dans le pays. C’est un honneur d’être ici et de collaborer à des solutions durables pour les réfugiés », a-t-elle écrit sur son compte X.
Elle a également rappelé aux réfugiés burundais que le rapatriement devait être volontaire et réfléchi, ce qui a semblé apporter un certain soulagement.
« Nous espérons qu’elle en a discuté avec les autorités tanzaniennes pour qu’elles cessent de nous forcer. Nous croyons que c’est l’objectif de sa visite après plusieurs cris d’alarme lancés par des réfugiés et des défenseurs des droits humains », indique un chef de l’une des zones du camp.
Madame Menikdiwela prévoit également de visiter le camp de Nduta, qui abrite plus de 58.000 réfugiés burundais, avant la fin de sa mission en Tanzanie.
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Photo : des jeunes filles et garçons sur une place publique au camp de Nyarugusu, dans la zone où les hôpitaux desservant la partie burundaise ont été fermés. © SOS Médias Burundi
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