Burunga : revenu de Tanzanie avec ses économies, il disparaît… son corps retrouvé pendu, les soupçons de racket refont surface
SOS Médias Burundi
Burunga, 7 août 2026 — Le corps sans vie d’Emmanuel Bukuru, 48 ans, a été retrouvé une semaine après sa disparition dans la province de Burunga, au sud du Burundi, à quelques kilomètres de la frontière tanzanienne. Revenu de Tanzanie avec ses économies après plusieurs mois de travail, il n’est jamais arrivé chez lui. Les autorités locales privilégient la piste d’un meurtre commis pour lui voler son argent. Cette affaire ravive les inquiétudes sur les violences et les extorsions régulièrement dénoncées le long de cette frontière.
Originaire de la colline Butezi, dans la commune de Musongati, Emmanuel Bukuru était rentré de Tanzanie le 30 juillet dernier, après plusieurs mois de travail destiné à subvenir aux besoins de sa famille.
D’après ses proches, il s’était rendu chez ses parents sur la sous-colline Muvumu avant de reprendre le chemin de son domicile situé à Rubaho, à environ cinq kilomètres. Il n’y arrivera jamais.
Inquiète de son absence, sa famille a lancé des recherches et diffusé des avis de disparition dans plusieurs groupes communautaires.
Une découverte macabre après sept jours de recherches
Après une semaine de recherches, son corps a été retrouvé dans une brousse de Muvumu.
Des témoins affirment avoir découvert une corde autour de son cou ainsi qu’une autre corde à proximité. La dépouille était déjà dans un état avancé de décomposition et aurait été partiellement dévorée par des chiens.
Le corps a été inhumé jeudi après-midi sous la supervision des autorités administratives.
La piste d’un assassinat privilégiée
Pour la famille et plusieurs habitants, Emmanuel Bukuru n’aurait pas mis fin à ses jours. Ils soupçonnent qu’il aurait été tué avant que son corps ne soit suspendu pour faire croire à un suicide.
L’administration locale écarte également cette hypothèse. Selon des responsables administratifs, la victime aurait été assassinée par des individus qui auraient voulu s’emparer de l’argent qu’elle ramenait de Tanzanie. Les économies qu’Emmanuel Bukuru aurait rapportées restent introuvables.
Les circonstances exactes de sa mort devront toutefois être déterminées par une enquête judiciaire.
Des travailleurs de retour de Tanzanie régulièrement exposés
Selon des témoignages recueillis par SOS Médias Burundi, le cas d’Emmanuel Bukuru ne serait pas isolé.
Chaque année, des centaines de Burundais traversent la frontière tanzanienne pour travailler dans les champs ou exercer d’autres activités temporaires. À leur retour, certains affirment être victimes de vols, d’agressions ou d’extorsions visant les économies accumulées après plusieurs mois de travail.
Des habitants des anciennes communes de Giharo, Kayogoro et Bukemba, ainsi que des localités voisines, disent que certains axes restent particulièrement redoutés par les voyageurs.
Des accusations récurrentes contre des réseaux d’extorsion
Des habitants interrogés par SOS Médias Burundi dénoncent l’implication présumée de certains responsables locaux, en complicité avec des membres de la ligue des jeunes du CNDD-FDD, les Imbonerakure, dans des pratiques d’extorsion visant des voyageurs sur certains axes frontaliers.
Les collines de Mutwana et Kibimba sont notamment citées par des riverains comme des zones à risque.
Les personnes accusées n’ont pas réagi à ces allégations.
Des précédents qui entretiennent les inquiétudes
La mort d’Emmanuel Bukuru intervient alors que plusieurs affaires d’extorsion ont déjà éclaté ces dernières années dans les anciennes communes de Kayogoro, Giharo et Bukemba.
Des policiers, y compris des officiers, ainsi que certains responsables administratifs ont été arrêtés, suspendus ou poursuivis dans des dossiers liés à des accusations de racket, d’extorsion ou d’abus de pouvoir visant notamment des voyageurs et des commerçants.
Ces précédents renforcent les inquiétudes des habitants, qui demandent un meilleur contrôle des services chargés de leur sécurité dans les zones frontalières.
Une enquête approfondie réclamée
La disparition puis la mort d’Emmanuel Bukuru relancent les questions sur la sécurité des Burundais revenant de Tanzanie avec leurs économies.
Les habitants demandent une enquête approfondie afin d’établir les circonstances exactes du décès, d’identifier d’éventuels responsables et de faire la lumière sur les accusations récurrentes d’extorsion et de violences signalées le long de cette frontière.
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Photo : Le poste frontalier de Mugina entre le Burundi et la Tanzanie, où transitent plusieurs travailleurs saisonniers burundais. Un homme revenu de Tanzanie avec ses économies a disparu avant d’être retrouvé mort une semaine plus tard dans la province de Burunga. © SOS Médias Burundi
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