Gitega : un deuxième corps repêché en moins d’une semaine dans la rivière Nyakijanda
SOS Médias Burundi
Gitega, 21 février 2026 – Un nouveau drame secoue le centre de la petite nation de l’Afrique de l’Est. Le corps sans vie de Jeanine Nkunzimana, 25 ans, a été découvert vendredi 20 février 2026 dans la rivière Nyakijanda, au niveau de la colline Buhinda, en commune et province de Gitega.
Selon des témoins, la jeune femme était portée disparue depuis le 15 février 2026. L’information a été confirmée par Gérard Minani, chef de la colline Buhinda. D’après lui, le corps présentait un état de décomposition avancé au moment de sa découverte. Après le constat effectué par l’Officier de Police Judiciaire (OPJ) instructeur, la dépouille a été inhumée le jour même à proximité de la rivière Nyakijanda.
Les circonstances exactes du décès demeurent, à ce stade, inconnues. Le chef de colline affirme toutefois que la victime souffrait d’une pathologie liée au paludisme cérébral. Une version contestée par plusieurs habitants de Buhinda, qui rejettent cette hypothèse et réclament l’ouverture d’une enquête indépendante afin d’identifier d’éventuels responsables et de les traduire en justice.
Cette découverte intervient moins d’une semaine après un cas similaire dans la même rivière. Le 14 février 2026, le corps d’Alice Ndimuruvugo, 35 ans, avait été repêché dans la rivière Nyakijanda, au niveau de la colline Macu, toujours en commune et province de Gitega. Deux suspects, Séverin Nyawenda et Iréné Mbonwanayo, avaient été interpellés puis placés en détention dans les cachots du commissariat provincial de police à Gitega.
La répétition de ces drames dans un intervalle aussi court suscite inquiétude et interrogations au sein de la population locale, qui exige que toute la lumière soit faite sur ces affaires.
L’an dernier, la Ligue Iteka, pionnière des organisations de défense des droits humains au Burundi et contrainte de travailler depuis l’exil à la suite de la crise de 2015 déclenchée par le troisième mandat controversé de Pierre Nkurunziza, avait déjà classé la province de Gitega parmi les zones les plus touchées par les violences meurtrières.
Depuis le début de l’année, une quinzaine de cadavres ont été découverts dans la province, selon un décompte de SOS Médias Burundi. Malgré la répétition des drames, peu de résultats d’enquêtes sont rendus publics et les auteurs présumés sont rarement jugés, dénoncent des habitants.
Pour ces derniers, l’absence de réponses claires des autorités alimente un sentiment d’abandon et renforce l’idée d’une impunité devenue quasi routinière.
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Photo : Des habitants, témoins impuissants, regardent le retrait du corps de Jeanine Nkunzimana dans la rivière Nyakijanda. © DR/SOS Médias Burundi
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