Burundi : le porte-parole de l’Assemblée nationale arrêté puis relâché après des accusations de piratage

Burundi : le porte-parole de l’Assemblée nationale arrêté puis relâché après des accusations de piratage

SOS Médias Burundi

Bujumbura, 21 février 2026 – Aimé Emmanuel Nibigira, conseiller principal chargé de la communication et porte-parole à l’Assemblée nationale du Burundi, a été arrêté le vendredi 13 février 2026 avant d’être relâché le mercredi 18 février, après plusieurs jours de détention au Service national des renseignements (SNR), à Bujumbura, la capitale économique de la petite nation de l’Afrique de l’Est.

Selon des sources concordantes, il a été accusé d’avoir piraté le compte X (anciennement Twitter) de l’Assemblée nationale. Les faits lui auraient été reprochés devant le président de l’institution et le secrétaire général. « Il a été appelé au service alors qu’il était en repos médical », confie un proche de sa famille.

Toujours selon ces sources, Aimé Emmanuel Nibigira aurait été conduit aux cachots du SNR peu après ces accusations. Il y est resté détenu jusqu’à sa libération mercredi soir, sans qu’aucune communication officielle ne détaille les conclusions d’une éventuelle enquête.

Des accusations contestées

La famille du conseiller principal rejette fermement les accusations portées contre lui. « En réalité, quelqu’un aurait eu accès à sa machine au bureau alors qu’il était en repos médical », explique un membre de son entourage.

Des employés de l’Assemblée nationale s’interrogent également sur la célérité des décisions prises à son encontre. « On n’a même pas attendu les résultats d’enquêtes », déplorent-ils.

Un contexte de tensions internes

Plusieurs sources internes évoquent un climat de tensions au sein de l’Assemblée nationale. À son retour de repos médical, Aimé Emmanuel Nibigira aurait plaidé pour une couverture médiatique élargie du Forum sur la gouvernance de l’internet, organisé à Bujumbura du 16 au 21 février 2026.

« Il plaidait pour une couverture diversifiée de l’événement, alors que les responsables de l’Assemblée nationale voulaient privilégier la Radio Télévision nationale du Burundi. Il a été accusé de rébellion contre les institutions », indique une source interne.

Depuis le début de la législature en cours, l’accès des médias locaux aux séances plénières aurait été restreint.

Remplacement et restrictions

À la suite de sa révocation, Aimé Emmanuel Nibigira a été immédiatement remplacé par son adjointe, Aimée Nshimirimana. Selon des sources internes, le compte X (anciennement Twitter) de l’Assemblée nationale aurait également été restreint dans la foulée de ces événements.

Certaines sources avancent que « les manœuvres seraient téléguidées par le secrétaire général de l’Assemblée nationale », sans qu’aucune confirmation officielle ne vienne étayer ces affirmations.

La libération du porte-parole intervient ainsi dans un climat de spéculations persistantes autour des circonstances réelles de son arrestation et de son remplacement rapide au sein de l’institution parlementaire.

____________________________________________

Photo : Aimé Emmanuel Nibigira, conseiller principal chargé de la communication à l’Assemblée nationale, récemment arrêté puis relâché après des accusations de piratage du compte X (anciennement Twitter) de l’institution. © DR/SOS Médias Burundi

Previous Mugina : un homme de 48 ans retrouvé mort dans un caniveau à Nyempundu
Next Gitega : un deuxième corps repêché en moins d’une semaine dans la rivière Nyakijanda

You might also like

Politique

Burunga et Bujumbura : une tempête dévastatrice détruit maisons, écoles et récoltes

SOS Médias Burundi Burunga/Bujumbura, 29 septembre 2025 –Samedi 27 et dimanche 28 septembre, une violente tempête mêlant pluies torrentielles, vents violents et grêle a frappé les communes de Matana (Burunga,

Politique

Burundi : la CENI prolonge exceptionnellement le retrait des cartes d’électeurs d’une journée

SOS Médias Burundi Alors que les élections législatives et communales approchent à grands pas, la Commission électorale burundaise tente de rassurer. En prolongeant d’une journée la période de retrait des

Politique

Giharo : une femme efface les insignes du CNL sur les murs de la permanence du parti

Le samedi 3 août, une femme de la commune Giharo en province Rutana (sud-est du Burundi) a effacé des écrits du parti CNL des murs de la permanence de cette