Dzaleka : deux réfugiées enceintes meurent avant d’accoucher, des témoignages dénoncent les conditions d’accès aux soins à Dowa

Dzaleka : deux réfugiées enceintes meurent avant d’accoucher, des témoignages dénoncent les conditions d’accès aux soins à Dowa

SOS Médias Burundi

Dzaleka, 17 août 2026 — Le camp de réfugiés de Dzaleka, situé dans le district de Dowa, au centre du Malawi, fait face à de nouvelles inquiétudes concernant l’accès aux soins de santé. Deux femmes réfugiées d’origine burundaise sont mortes à l’hôpital du district de Dowa alors qu’elles étaient sur le point d’accoucher. Des réfugiés dénoncent des conditions de prise en charge préoccupantes et évoquent notamment des difficultés financières.

Les deux femmes avaient été transférées en urgence à l’hôpital de référence de Dowa à la suite de complications liées à leur grossesse et à leur accouchement.

Selon un témoin qui affirme avoir assisté à la scène, la situation aurait dégénéré lorsque les deux femmes n’ont plus été en mesure de payer une somme présentée comme une « caution ».

« C’est alors que les infirmiers ne leur ont plus accordé une attention particulière », affirme-t-il, dénonçant ce qu’il qualifie de « criminalité extrême ».

Le témoin insiste également sur les difficultés financières auxquelles sont confrontés les réfugiés pour accéder aux soins.

« Elles avaient utilisé toutes leurs économies pour acheter du carburant pour l’ambulance qui devait les amener à l’hôpital. Cette situation est vraiment catastrophique et alarmante. Comment un réfugié démuni peut-il se retrouver dans une situation aussi chaotique ? Nous méritons mieux que ça », dénonce-t-il.

Des accusations de discrimination

Plusieurs réfugiés dénoncent ce qu’ils considèrent comme une forme de discrimination dans l’accès aux soins à l’hôpital de Dowa.

« Dans cet hôpital, les citoyens sont soignés gratuitement, mais pour les réfugiés, une somme non reconnue et qui varie selon la gravité de la maladie est versée aux infirmiers pour bénéficier d’un bon accueil. C’est inadmissible. Nous devrions être soumis au même régime de traitement », témoignent-ils.

Selon plusieurs réfugiés interrogés, les deux décès ne seraient pas des cas isolés. Ils affirment qu’« au moins deux réfugiés meurent chaque mois » à l’hôpital de Dowa en raison de leur incapacité à payer certains frais médicaux.

Ces affirmations n’ont toutefois pas pu être vérifiées de manière indépendante.

Les réfugiés dénoncent également ce qu’ils décrivent comme un manque de réaction des autorités administratives du camp et du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Ils leur reprochent de prendre « à la légère la vie des réfugiés » et demandent une amélioration urgente de l’accès aux soins.

Des autorités promettent une solution

Face à ces inquiétudes, les autorités administratives du camp et le HCR auraient finalement promis de chercher une solution à cette problématique, particulièrement dans le secteur de la santé.

Les réfugiés souhaitent que ces engagements soient rapidement suivis d’actions concrètes afin d’éviter que d’autres personnes vulnérables ne se retrouvent dans des situations similaires.

Un camp largement dépassé par sa capacité

Le camp de Dzaleka connaît une forte croissance démographique. Conçu à l’origine pour accueillir environ 12 000 personnes, il abrite aujourd’hui plus de 50 000 réfugiés, dont plus de 11 000 Burundais, selon des sources au sein du camp.

La croissance rapide de la population n’est pas accompagnée, selon les réfugiés, d’un développement suffisant des infrastructures de base, notamment dans le secteur de la santé.

Pour les réfugiés, les deux décès relancent ainsi les inquiétudes sur les conditions d’accès aux soins dans un camp déjà confronté à une forte pression démographique et à des ressources limitées.

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Photo : un groupe de femmes et de jeunes filles se tient devant une maison dans le camp de réfugiés de Dzaleka, dans le district de Dowa, au Malawi, où les conditions de vie et l’accès aux services de base restent préoccupants.© SOS Médias Burundi

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