Université du Burundi : 11 milliards pour remettre les étudiants à table après huit ans d’abandon
SOS Médias Burundi
Bujumbura, 18 août 2026—Le gouvernement burundais prévoit de relancer, à partir de septembre 2026, les services de restauration au profit d’environ 4 000 étudiants de l’Université du Burundi. Le dispositif, suspendu depuis plusieurs années, doit notamment couvrir les campus de Mutanga, Kamenge, Kiriri, Rohero et Zege, situés dans les villes de Bujumbura et de Gitega, abritant respectivement les capitales économique et politique de la petite nation de l’Afrique de l’Est.
L’annonce a été faite mardi lors d’une conférence de presse animée par le recteur de l’Université du Burundi, Prudence Bararunyeretse.
Selon le recteur, le gouvernement a débloqué plus de 11 milliards de francs burundais pour assurer la restauration des étudiants. Le nombre exact de bénéficiaires pourrait toutefois dépendre des ressources budgétaires disponibles.
Des étudiants livrés à eux-mêmes depuis 2018
Depuis 2018, les étudiants de l’Université du Burundi doivent prendre eux-mêmes en charge leur logement et leur alimentation. Certains sont contraints de vivre dans différents quartiers de Bujumbura et de ses environs, faute de places suffisantes dans les homes universitaires.
Pour de nombreux étudiants issus de familles défavorisées, cette situation représente une charge financière importante. Le coût du logement, de la nourriture et des déplacements vient s’ajouter aux dépenses liées aux études.
Ces conditions de vie ont également des répercussions sur le parcours académique de certains étudiants.
Des conditions de vie qui affectent les études
Pour les autorités universitaires, la suspension de la restauration a eu des conséquences importantes sur les conditions d’études et, par conséquent, sur la qualité de la formation.
Le recteur Prudence Bararunyeretse reconnaît que l’arrêt de la restauration a contribué à la baisse de la qualité de la formation à l’Université du Burundi.
Selon lui, l’amélioration des conditions de vie des étudiants constitue un élément essentiel pour favoriser leur réussite académique.
L’objectif du gouvernement est donc de permettre aux étudiants concernés de consacrer davantage de temps à leurs études, sans être constamment confrontés aux difficultés liées à leur alimentation et à leur logement.
Des infrastructures déjà préparées
Une partie des préparatifs en vue de la reprise du service serait déjà engagée. L’Université du Burundi dispose notamment de cuisines réhabilitées ainsi que de certains équipements et matériels nécessaires au fonctionnement de la restauration.
Le retour du service devrait ainsi permettre de remettre en fonction des infrastructures restées largement inutilisées depuis la suspension de la restauration.
Le recteur appelle toutefois le gouvernement à aller plus loin, notamment en augmentant progressivement le nombre d’étudiants pouvant être hébergés dans les homes universitaires.
Selon lui, l’Université accueille de nombreux jeunes issus de milieux défavorisés qui risquent l’échec en raison des conditions de vie difficiles auxquelles ils sont confrontés pendant leurs études.
Un retour après huit ans de suspension
La reprise annoncée intervient près de huit ans après l’abandon de la restauration universitaire.
La suspension avait été décidée dans le cadre des politiques de réduction des dépenses publiques, transférant une partie importante des charges liées à la vie universitaire aux étudiants et à leurs familles.
Depuis, la question des conditions de vie des étudiants est régulièrement revenue au cœur des préoccupations concernant l’enseignement supérieur au Burundi.
Le rétablissement de la restauration s’inscrit désormais dans les réformes envisagées par le ministère de l’Éducation nationale et de la Recherche scientifique.
La qualité de l’enseignement en question
Le débat sur les conditions de vie des étudiants intervient dans un contexte plus large de préoccupations concernant la qualité de l’enseignement au Burundi.
La fermeture progressive de plusieurs établissements scolaires à régime d’internat dans le secondaire avait déjà contribué à transférer une partie de la prise en charge des élèves vers leurs familles.
À l’Université du Burundi, les autorités estiment que l’amélioration de l’alimentation et des conditions de logement peut contribuer à réduire les difficultés auxquelles sont confrontés les étudiants et à créer un environnement plus favorable à leur réussite.
Avec les 11 milliards de francs burundais annoncés, le gouvernement veut ainsi tourner la page de plusieurs années de suspension de la restauration universitaire.
Reste désormais à voir si les moyens annoncés permettront de garantir durablement la restauration des quelque 4 000 étudiants ciblés et, à terme, d’étendre le dispositif à un plus grand nombre d’étudiants.
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Photo d’archives : des étudiants de l’Université du Burundi au restaurant (dit icuma, dans le jargon universitaire) du campus Mutanga © SOS Médias Burundi
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