Burundi : les détenus de Murembwe privés de farine et contraints d’acheter du charbon à des prix exorbitants
SOS Médias Burundi
Rumonge, 23 octobre 2026 — Les détenus de la prison centrale de Murembwe, située dans la commune portuaire de Rumonge, en province de Burunga, au sud-ouest du Burundi, sont confrontés depuis début octobre à une pénurie de farine de manioc et de maïs. Selon des sources proches des prisonniers, ils reçoivent actuellement de petites quantités de haricots, mais sans farine pour accompagner leurs repas.
Cette nouvelle rupture de stock survient quelques jours seulement après le réapprovisionnement en haricots, intervenu au début du mois d’octobre, à la suite d’une pénurie qui aurait duré près d’un mois.
D’après les mêmes sources, pendant cette période, les détenus recevaient principalement de la pâte et devaient se débrouiller pour trouver eux-mêmes des haricots afin de compléter leur alimentation. Le ravitaillement effectué au début du mois n’aurait toutefois pas permis de rétablir durablement un approvisionnement régulier en nourriture.
Certaines familles affirment que les prisonniers doivent désormais trouver, par leurs propres moyens, d’autres denrées pour compléter leurs repas. Elles s’inquiètent particulièrement du sort des détenus issus de familles démunies ou originaires de régions éloignées, dont les proches ont davantage de difficultés à leur apporter une aide régulière.
Les problèmes d’approvisionnement alimentaire s’ajoutent à ceux signalés concernant le bois de chauffage. Selon des sources proches des détenus, certains prisonniers seraient contraints d’acheter du charbon vendu à l’intérieur de la prison, alors qu’ils ne seraient pas autorisés à recevoir celui que leurs familles leur apportent de l’extérieur.
Les détenus dénoncent les prix élevés du charbon vendu dans l’établissement pénitentiaire. Selon des sources proches des prisonniers, un seau de charbon qui coûte normalement 12 000 francs burundais à l’extérieur de la prison est vendu à 20 000 francs à l’intérieur.
Des détenus accusent le directeur de la prison de laisser perdurer cette situation, alors qu’ils ne seraient pas autorisés à recevoir du charbon apporté par leurs familles. Ces accusations n’ont toutefois pas pu être vérifiées de manière indépendante.
SOS Médias Burundi n’a pas pu joindre le directeur de la prison centrale de Murembwe pour recueillir sa réaction à ces allégations.
Les familles appellent les autorités à assurer un approvisionnement régulier de la prison en vivres et en bois de chauffage afin d’éviter les ruptures de stock prolongées et de garantir aux détenus des conditions de vie dignes.
La situation est d’autant plus préoccupante que la prison centrale de Murembwe abrite plus de 1 300 détenus, alors que sa capacité d’accueil est de 800 personnes seulement. Cette surpopulation, conjuguée aux pénuries alimentaires signalées, accentue les difficultés auxquelles les prisonniers sont confrontés au quotidien.
La situation de Murembwe n’est pas un cas isolé. Dans d’autres établissements pénitentiaires du Burundi, des détenus sont également confrontés à des difficultés d’approvisionnement alimentaire et à des conditions de détention précaires. Ces pénuries fragilisent davantage les prisonniers, particulièrement ceux qui ne peuvent compter sur le soutien de leurs familles. Elles soulèvent aussi des interrogations sur la capacité des autorités à garantir aux personnes détenues une alimentation suffisante et des conditions de vie respectueuses de leur dignité.
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Photo : Des détenus à l’intérieur de la prison centrale de Murembwe lors d’une cérémonie officielle. L’établissement est régulièrement confronté à des problèmes de surpopulation et de conditions de détention difficiles, selon plusieurs sources. © SOS Médias Burundi
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