Tanzanie : le Burundi annonce que les droits de ses ressortissants en Tanzanie ne seront pas bafoués.


Après sa visite dans les camps de réfugiés de Nduta et Mtendeli en Tanzanie, le ministre burundais de l’intérieur confirme que 2000 réfugiés seront rapatriés par semaine à partir du mois d’octobre. Toutefois, dans une conférence de presse ce mardi à Bujumbura (capitale économique), Pascal Barandagiye a annoncé qu’aucun burundais ne sera rapatrié par force.(SOS Médias Burundi)

Le ministre burundais de l’Intérieur indique que la commission tripartite composée des représentants des gouvernements burundais, tanzanien et du HCR s’était fixée l’objectif de rapatrier 2000 réfugiés par semaine depuis le mois d’octobre 2018 mais qu’elle n’y est pas parvenue.

La cause est que, selon Pascal Barandagiye, le HCR et le gouvernement n’impliquaient pas les représentants des réfugiés dans l’élaboration des listes de réfugiés qui veulent rentrer volontairement.

Cette autorité dit s’être convenue avec le gouvernement tanzanien que le travail d’élaboration des listes des réfugiés burundais qui veulent retourner dans leur pays va être relancé.

M. Barandagiye affirme que son homologue tanzanien a aussi expliqué aux réfugiés burundais qu’il n’y a aucune raison que la Tanzanie continue d’accorder l’asile aux burundais. «Le pays a recouvert la sécurité. Le rapatriement sera volontaire. Pour ceux qui ne veulent pas rentrer, peut être que la Tanzanie va analyser la possibilité de leur accorder la nationalité.».

Si des organisations portent plainte contre le Burundi ou la Tanzanie sous prétexte d’un éventuel « rapatriement forcé de réfugiés », Pascal Barandagiye dit que le gouvernement est prêt à répondre devant la justice et qu’elle donnera raison au Burundi. « À notre tour, nous allons porter plainte contre ceux qui intimident les Burundais, leur interdisant de regagner leur pays ,» a-t-il conclu.

Il dit que les camps de Nduta et Mtendeli abritent aussi 15 000 burundais irréguliers, qui n’ont pas de statut de réfugiés. «Ceux-ci seront refoulés conformément à la loi tanzanienne».

Même si le gouvernement burundais tranquillise, le ministre tanzanien de l’intérieur Kangi Lugola a été on ne plus clair dimanche dernier lors d’une conférence de presse animée à l’issue de la signature d’un accord de rapatrier les réfugiés burundais se trouvant en Tanzanie. Citant pour témoin le président Magufuli, il a affirmé que les Burundais se trouvant dans les camps devront être rapatriés  » de gré ou de force  » à partir du mois d’octobre prochain tout en mettant en garde des organisations de défense de droits humains et de protection des réfugiés dont le HCR qui dénonceraient la procédure.